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Affaire des véhicules distribués par le Ministre Ousmane Gaoual Diallo Comprendre les faits et les responsabilités.

La polémique autour de ce qu’est devenu « l’Affaire des véhicules distribués par le Ministre Ousmane Gaoual Diallo » m’impose d’éclairer l’opinion publique sur une situation politique devenue controversée.

Pourquoi je prends la parole

Face aux réactions suscitées par la distribution de véhicules à certains responsables du CERAG et des Réformateurs, il est de mon devoir d’apporter des précisions en tant qu’ancien président de ces mouvements. J’étais à la tête du CERAG, puis des Réformateurs au moment des faits.

Mon intervention s’inscrit dans une démarche de clarification, d’apaisement et de vérité. Elle vise à retracer les faits de manière chronologique, objective et responsable, afin d’éviter toute confusion ou règlement de compte.

Une question de perception politique

Il est essentiel d’intégrer une dimension sociologique pour comprendre cette affaire.

Dans l’imaginaire collectif, un ministre ne prête pas : il donne. Lorsqu’un responsable politique de base reçoit un véhicule, qu’il soit prêté ou non, il le perçoit comme une reconnaissance, voire une récompense après des années d’engagement.

Dans ces conditions, peut-on réellement condamner celui qui, n’ayant jamais bénéficié d’un tel avantage, considère ce geste comme un aboutissement ? Cette perception explique en grande partie les incompréhensions actuelles.

Les premières erreurs

Une première faille apparaît dès le départ : l’absence de clarté dans la démarche.

Il convient néanmoins de reconnaître les efforts de certains acteurs, notamment Baba Millimono et Samuel Kourouma, ainsi que le courage des Fédéraux UFDG aujourd’hui exposés. Leur engagement s’inscrit dans une logique politique assumée, même si elle s’est révélée risquée.

Naissance et amplification de l’affaire

L’affaire prend véritablement forme à la suite de la sortie du Fédéral de Kankan, aujourd’hui affaibli. Il apparaît comme une victime : de ses convictions, de son engagement, mais aussi d’un contexte politique confus. Le débat s’est ensuite amplifié par des interventions maladroites. Des acteurs ne maîtrisant pas les faits ont contribué à dramatiser la situation, transformant un problème interne en affaire publique.

Le risque de transformation en affaire d’État

Le risque est désormais grand que cette affaire, a priori interne, ne devienne une affaire d’État en soulevsant d’autres questions telles que la provenance des véhicules: l’État, le gouvernement, la Présidence de la République, un donateur indépendant, les fonds propres du Ministre en question? Également, la question du nombre des véhicules, de la légitimité d’un Ministre de distribuer de véhicules au nom d’une organisation qu’il parraine. Tant de sujets nés de la fourberie de certains. Selon nous, certaines interventions n’ont pas forcément servi le Ministre.

Les enjeux politiques

Au-delà des faits, cette affaire relance le débat sur les motivations des Fédéraux ayant rejoint le mouvement : conviction sincère ou opportunisme politique ? Beaucoup d’entre eux croyaient réellement à une ligne politique et espéraient contribuer à une dynamique de réforme. Réduire leur engagement à une simple question de véhicules serait une erreur.

Le cas Dobo et la question du retrait

Le cas de Dobo Guilavogui illustre les dérives de la situation. Ayant publiquement présenté le véhicule comme un don présidentiel, il s’est naturellement inscrit dans cette perception. Comment accepter ensuite le retrait d’un bien perçu comme une récompense légitime ? La méthode employée pour récupérer les véhicules a été inadaptée. Pressions, convocations et tensions ont créé un climat délétère, susceptible d’avoir contribué à la dégradation de son état de santé.

Une méthode défaillante

Le cœur du problème réside dans l’absence de cadre clair dès le départ. Aucune formalisation des conditions : ni contrat, ni critères précis, ni engagement écrit. Les véhicules ont été distribués dans un contexte d’euphorie, sans garanties de retour. Dans ces conditions, il est logique que certains bénéficiaires les aient perçus comme des dons.

De la confusion à la crise

Ce décalage entre intention (prêt) et perception (don) a créé une confusion profonde.

Un responsable de base, recevant un véhicule dès son arrivée, peut difficilement interpréter ce geste comme un simple prêt. Cette ambiguïté a ouvert la voie aux accusations d’achat de conscience.

Conclusion

Je ne suis pas intervenu pour accuser ou défendre, mais pour éclairer. Chacun jugera les faits en conscience. J’appelle à la retenue, à la responsabilité et à l’arrêt des polémiques inutiles. Cette affaire révèle surtout les limites d’une méthode et d’une stratégie politique marquées par des décisions unilatérales et un manque d’organisation.

L’avenir ne doit pas se construire dans la polémique, mais dans la lucidité, la rigueur et le sens de l’intérêt général. Enfin, j’adresse mes vœux de prompt rétablissement au Doyen Dobo Guilavogui et appelle à tourner la page dans l’intérêt de tous.

Pr. Lamarana-Petty DIALLO

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