La polémique qui enfle autour de ce qu’est devenu « l’Affaire des véhicules distribués par le Ministre Ousmane Gaoual Diallo », m’impose le devoir d’éclairer l’opinion publique sur une situation politique qui tourne à la controverse.
Pourquoi je prends la parole
Face aux réactions et contre-réactions suscitées par l’affaire de distribution de véhicules à certains responsables du CERAG et des Réformateurs, il est de mon devoir d’apporter des précisions en tant qu’ancien président de ces mouvements politiques. Nul n’ignore que j’étais le Président du Cercle des amis dOusmane Gaoual (CERAG ), à l’époque des faits. Puis, le Président de « Les Réformateurs’,( LR).
Mon intervention s’inscrit dans une démarche de clarification, qui retrrace les faits de manière chronologique, sinon objective et honnête.
Je souhaiterais lever les équivoques en évitant toute confusion, tout règlement de compte pour une meilleure compréhension des enjeux, des responsabilités et des conséquences de la méthode de distribution.
C’est, de mon point de vue, la seule manière qui puisse situer l’opinion publique dans cette affaire à rebondissements. De la perception d’un responsable politique d’une structure de base face à l’octroi, au prêt, d’un véhicule par un ministre. On ne saurait faire l’économie d’une approche sociologue pour expliquer ce qu’il s’est passé avec cette histoire de véhicules.
Dans l’inconscient collectif, un Ministre, Ousmane Gaoual ou tout autre, ne prête pas. Il donne, parce qu’il est censé avoir tout. Partons de cette hypothèse pour analyser la perception des Fédéraux-UFDG. Ces sieurs sont convoqués à Conakry, chez le ministre Gaoual qui, c’est bien connu, se présente comme l’un des plus proches du Président de la République. Ils reçoivent des véhicules flambants neufs ou doccasion, peu importe.
Qui pourrait nier que, quel que soit le Fédéral, il va exulter et, une fois de retour, il va convoquer voisins, amis et connaissances pour présenter le joyau. Si, durant toute sa carrière politique, il n’a même pas eu un tricycle, et qu’il reçoive un véhicule, sous quelque forme et motif que ce soit, imaginons-nous la suite. C’est, entre autres: rendre grâce à Dieu, fêter l’honneur, bénir le donateur , qui reconnait enfin, son engagement politique.
Pour ce Fédéral, avoir un véhicule de prêt ou sous forme de donation, peu importe. Pour lui, c’est l’aboutissement d’années d’engagement qui est couronné. Dans ces conditions, est-il facile de le condamner?
Les premières erreurs et le début de l’affaire
Il y a eu une première faille et qui ne sera pas la dernière. Avant tout, louons les efforts de Messieurs Baba Millimono et de Samuel Kourouma, ainsi que le courage des responsables Fédéraux-UFDG qui se trouvent aujourd’hui dans une tourmente médiatique.
Ils ont risqué, comme nous avant eux, de venir auprès d’un monsieur qui sentait, disons les mots, la poisse. À l’époque, quand nous venions défendre Monsieur Gaoual, même certains membres de sa propre famille ne voulaient le sentir. Ce qu’il en fait de la suite, à chacun de se dire, en âme et conscience ce qu’il en est. Nous le savons, quant à nous, qu’agir sans état d’âme, posera la question de notre propre dans le futur. Bref, si monsieur Gaoual était à défendre, nous le ferions à nouveau car, nous avons la grandeur et le sens tant de l’honneur que de la mesure.
Naissance de l’affaire des véhicules
Le débat est né de la sortie du Fédéral UFDG de Kankan. Bon rétablissement à lui. C’est une pauvre victime. Victime de sa conviction, de son engagement et de sa prise de conscience qu’il n’a pas eu ce qu’il espérait au sein des Réformateurs. Il est également victime du double jeu qu’il aurait opéré, quand le désespoir s’est installé en lui, en prétendant battre campagne pour la NGR (Nouvelle Génération pour la République) et qu’il n’aurait pas servi, outre mesure. C’est également, une victime, ce serait malhonnête de le cacher, de harcèlement pour la récupération du véhicule. Enfin, c’est une victime de l’âge.
Comment le débat a pris de l’ampleur
Beaucoup d’intervenants dans l’affaire de véhicules n’auraent pas dû le faire, car ils s’y sont mal pris, d’une part, et ils ne maitrisaient pas le dossier, d’autre part. Ils ont amplifié, dramatisé, mélangé les faits et, à force de vouloir défendre l’ex parrain des Réformateurs, ils ont créé ce qui est devenu l »‘Affaire des véhicules du Ministre Gaoual ».
Il faut savoir, qu’en politique et en toute chose, si vous ne maîtrisez pas les faits, taisez-vous et observez. Le risque est désormais grand que cette affaire ne devienne une affaire d’État en soulevsant la question de la provenance de ces véhicules : l’État, le gouvernement, la Présidence de la République, un donateur indépendant, les fonds propres du Ministre en question? Également, la question du nombre des véhicules, de la légitimité d’un Ministre de distribuer de véhicules au nom d’une organisation qu’il parraine. Tant de sujets nés de la fourberie de certains. Selon nous, certains interventions n’ont pas forcément servi le Ministre.
Les enjeux politiques: le cas Dobo et l’arrivée des Fédéraux de l’UFDG
Je réitère mes propos sur le travail, en termes de stratégie politique, réussi par Messieurs Baba et Samuel. Malheureusement, le débat est relancé sur les motivations profondes de l’arrivée desdits Fédéraux-UFDG: conviction, opportunisme politique, perdition ou désespoir ?
Je le dis avec insistance que la plupart de ces personnes respectables étaient convaincues de la ligne politique que nous défendons et espéraient, comme nous tous, pouvoir sauver l’UFDG. Qu’on cesse alors de polémiquer sur un malade pour une question de véhicules et qu’on aille sur l’essentiel.
Oui, M. Dibo, comme bien d’autres, a reçu un véhicule. Néanmoins, il faudrait souligner quil est sorti publiquement pour annoncer qu’il s’agit d’un cadeau du Président de la République. Comment voulez-vous que ce monsieur ne s’installe pas dans sa prétention ou son illusion de bénéficiaire d’un véhicule présidentiel? Effet de l’âge ? Ruse politique, allez savoir. Comment pourrait-il concevoir qu’on veuille lui retirer de force son cadeau, gage de son engagement? Enfin, qui est sorti publiquement contredire Monsieur Dobo en le ramenant à la raison ?
De la manière de donner et de retirer les véhicules
Ni la manière, ni la méthode de donner, de prêt, si l’on veut, et de retrait des véhicules n’était la plus appropriée. Monsieur Dobo Guilavogui n’est pas le seul qui ait oppose une résistance au retrait des véhicules. Il est indéniable qu’il s’est opposé farouchement à toutes tentatives de reprise de « son véhicule »
Soyons honnêtes et humains. La façon de faire a très certainement impacté l’état de santé du « Doyen Dibo ». Il s’est retrouvé au milieu d’une pression intense : appels intempestifs de Fédéraux, menaceset de certains personnes proches du ministre; convocation et visite du Commissaire de Police de Kankan. Il me tenait au courant de tout événement à des heures indues ou très tôt le matin. C’est dans ce contexte qu’il a été victime de ce qui ressemble à un AVC.
La récupération des véhicules : une méthode mal conçue dès le départ
Une méthode mal conçue devient forcément contestable et incomprise. La démarche a été biaisée dès le départ. Il aurait fallu faire signer une décharge à chaque Fédéral qui reçoit un véhicule. Acter les critères, les conditions, les missions et les délais. Il aurait fallu des concertations pour décider la manière d’atribuer et sélectionner les bénéficiaires sur des critères bien definis.
Dans l’euphorie de l’arrivée des Fédéraux-UFDG, on distribue des véhicules sans garantie apparente de retour. Sans Carte grise apprend-on. Le problème se situe moins à ce niveau qu’à la manière de tout regenter. En définitive, les véhicules sont perçus comme dons, par certains Fédéraux. Et Monsieur Dobo n’est pas le seul dans ce cas.
De la méthode biaisée à la confusion d’interprétation
Messieurs Baba et Samuel, pour ne pas les citer à nouveau, savaient qu’il s’agissait bien véhicules de prêt. Cependant, qu’en est-il d’un responsable de de base qui arrive dans un Mouvement politique et qui reçoit le lendemain un véhicule? Son penchant ira-t-il vers un prêt ou un cadeau de bienvenue.? Aujourd’hui, les adversaires parlent d’achats de conscience de personnes qui ont tout risqué.
Des motos, je n’en parlerais point. Je n’ai qu’une idée approximative du nombre et j’ignore tout des bénéficiaires et des critères d’attribution. Il en résulte que cette affaire de véhicules, qui ne devrait pas en être une, n’est pas la bienvenue.
Conclusion
Je ne suis pas intervenu pour dénoncer ou défendre, mais pour rétablir les faits et la vérité. Je ne disculpe personnes ni ne défend. Le lecteur décidera de la véracité des faits. J’attire les anciens Réformateurs à la retenue pour ne pas que le débat change de camp ou qu’on nous oppose.
Concentrons-nous sur ce qui a marché pour poursuivre nos carrières politiques au service du pays. Mettons les ratages au passé en évitant tout règlement de compte et laissons chacun avec sa conscience dans l’action politique commune.
Cette histoire de véhicules revele un pan des ratages du passé et prouve qu’entre avoir un renom et une hauteur de vue, il y a une grande différence. Prions pour le bon rétablissement du Doyen Dobo Guilavogui et pour la fin de cette polémique.
Pr. Lamarana-Petty DIALLO