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Le 4e Festival Nimba de Lille inaugure son quinté littéraire

Une première qui place l’innovation au cœur de Lille ! Cinq auteurs, deux jours et une onde de choc littéraire s’annoncent alors que le Festival Nimba frappe fort pour sa 4e édition.  Les 22 et 23 mai 2026, Africa Culture 224 transforme la salle Jacques Brel de Faches-Thumesnil en quartier général des lettres africaines grâce à son tout nouveau quinté littéraire.

Vous voulez prendre le pouls de la création guinéenne et vibrer au rythme de récits percutants ? Ne cherchez plus ! Le cœur de l’Afrique bat à deux pas de chez vous et nous vous expliquons comment plonger dans cette odyssée sans quitter la métropole.

Cinq auteurs de premier plan se donnent rendez-vous pour une escale littéraire placée sous le signe de la transmission et de l’engagement. Cette ambition illustre à merveille la pensée de l’Américaine Maya Angelou pour qui « il n’y a pas de plus grande agonie que de porter en soi une histoire non racontée ». Ce festival devient précisément le sanctuaire où ces récits s’affranchissent du silence pour dessiner les contours d’un avenir partagé.

Le voyage commence avec la force de Hawa Diabira qui, dans son roman « Le Départ de Naïba » (Éditions Jets d’Encre), explore la délicate frontière entre l’héritage culturel et le désir d’émancipation. Son écriture est une véritable leçon de résilience. Elle s’accorde avec la réflexion du grand Chinua Achebe affirmant que « tant que les lions n’auront pas leurs propres historiens, l’histoire de la chasse glorifiera toujours le chasseur. »

En donnant la parole à celles qui brisent les chaînes invisibles, elle ouvre la voie à une autre forme de témoignage, plus urgente et politique, portée par Mohamed Yarie Touré. Surnommé affectueusement « Momo », ce dernier livre dans Partir sans un mot (Éditions Les Étaques), un récit poignant sur l’exil et l’absence. Cet hommage vibrant à sa mère se transforme en un plaidoyer d’une lucidité féroce qui remet au goût du jour les mots de George Orwell rappelant qu’« en des temps de tromperie universelle, dire la vérité est un acte révolutionnaire. »

Cette quête de vérité irrigue également le travail de Tidiane Diallo (Dianty Diallo pour les intimes), qui nous plonge avec Guinètâ (Éditions La Bruyère) dans les méandres de la Guinée post-2010. À travers le personnage de Mombenkè, il interroge l’intégrité face aux soubresauts politiques et rejoint ainsi l’adage de l’illustre Tierno Monénembo selon lequel la mission de l’écrivain est de témoigner et d’écrire la vérité, même dans un contexte dangereux, car «s’ils veulent me tuer, qu’ils me tuent. Ce n’est pas un problème. Mais on ne tue pas la vérité. La vérité est immortelle. Ni une balle, ni un fusil, ni une lance ne peuvent tuer la vérité. »

Mais le récit de l’Afrique et de sa diaspora est aussi une odyssée de l’espoir, un thème que Firmin Sandouno, surnommé l’écrivain de Paris, décline avec brio. Dans « À travers les papiers », il décrypte le parcours labyrinthique des étudiants étrangers en rendant hommage à celles et ceux qui restent debout malgré les murs administratifs. Son récit s’inscrit dans la lignée de la sagesse de James Baldwin qui soutenait que « tout le monde n’est pas capable de supporter la vérité, mais tout le monde est capable de la dire ».

Pour clore ce quinté littéraire, la poésie s’érige comme l’ultime rempart sous la plume de Daouda Conté. Expert en cybersécurité et poète, il transforme dans « Cicatrices utiles » et « Larmes de la patience » la douleur en message d’espoir et de résilience. Il confirme l’intuition de Léopold Sédar Senghor pour qui « la poésie ne doit pas périr, car alors, où serait l’espoir du Monde ?», et utilise ses vers pour bâtir des ponts indestructibles entre la Guinée et la France, sa terre d’accueil.

Salon de dédicaces ouvert et novateur, le Festival Nimba 2026 s’impose comme un véritable carrefour de civilisations. C’est une occasion unique d’échanger, de confronter les points de vue et de repartir avec un fragment d’âme consigné sur papier.

Par Sandrine Bah

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