Originaire de Timbi-Madina, une sous-préfecture célèbre pour son dynamisme agricole et sa production de pommes de terre, Djouldé Bah fait aujourd’hui parler de lui sur un tout autre terrain. Celui des médias numériques. Installé en France, ce diplômé en droit public vient de concrétiser un projet mûrement réfléchi en lançant le podcast « Gandal », un nouvel espace de liberté pour la diaspora guinéenne et africaine.
L’idée de créer un média alternatif n’est pas née par hasard. Elle s’est accélérée à la suite de la crise médiatique majeure qui a frappé la Guinée en 2024, marquée par la suspension des principaux médias indépendants par les autorités de Conakry.
Face à cette paralysie de la presse traditionnelle, Djouldé Bah a perçu l’urgence de proposer une alternative crédible via les nouveaux canaux de communication. Profitant de l’essor mondial de ce format et de la puissance des réseaux sociaux, il a imaginé une plateforme capable de contourner les censures géographiques et de générer une forte interactivité avec sa communauté d’abonnés.
Avoir des idées est une chose, les financer en est une autre. Autrement dit, de l’intention stratégique à la capitalisation effective, le passage à l’acte se heurte invariablement à la dure réalité de l’allocation des ressources et de la recherche de financements.
Sans subvention initiale, Djouldé Bah a fait preuve d’une autodiscipline rigoureuse. Animé par une motivation sans faille, il a conçu son propre plan de faisabilité, économisant patiemment ses revenus pour acquérir un matériel d’enregistrement de niveau professionnel.

Initiée dès la fin de l’année 2022, cette longue phase de préparation a porté ses fruits en février 2026 avec le lancement officiel du podcast « Gandal », un terme signifiant « savoir » ou « connaissance » en pular. Dès les premières diffusions, l’audience a répondu présent, propulsant le média sur le devant de la scène numérique de la diaspora.
Le secret de la réussite de M. Bah réside dans l’éclectisme de sa programmation et sa capacité à structurer des débats de fond. Son plateau accueille des figures influentes comme des citoyens anonymes, créant un espace de parole unique pour les acteurs du changement que sont les jeunes politiciens, activistes, polémistes, figures féministes ou représentants du monde de la culture, notamment des entrepreneurs, écrivains, chanteurs et influenceurs à forte audience.
Chaque épisode est pensé comme un lieu de témoignage où les invités partagent leurs combats et leurs réussites, mais aussi les dures réalités et les difficultés du parcours migratoire en Europe. Depuis l’Hexagone, Djouldé Bah s’impose ainsi comme un relais indispensable pour vulgariser les belles initiatives africaines et offrir une voix à celles et ceux qui en sont privés.
Par Tidiane Diallo