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Enfances…

Cette semaine, l’ancien Directeur général du Centre culturel franco-guinéen, Daniel Couriol, nous invite à plonger dans le chaos joyeux des rues de Conakry ou de Dakar pour y retrouver le sens profond du bruissement de la vie.

Bonne lecture !

L’Afrique possède la population la plus jeune au monde, avec plus de 400 millions de personnes âgées de 15 à 35 ans. Cette jeunesse représente près des trois quarts de la population totale du continent. Elle est reconnue pour sa créativité, son dynamisme entrepreneurial et son rôle moteur dans le développement socio-économique et l’innovation.

Il ne faut pas oublier également qu’en amont de ces jeunes adultes, presque 4,5 millions de Sénégalais sont inscrits par exemple entre l’école maternelle et l’université, quand la Guinée voit arriver en scolarisation plus de 500 000 jeunes élèves chaque année. Voilà des chiffres qui peuvent donner le tournis à la vieille, pour ne pas dire la très vieille Europe.

Alors, bien sûr, ces mêmes chiffres masquent une situation bien plus difficile qu’il n’y paraît, comme l’adéquation des systèmes éducatifs à la réalité économique, aux besoins réels de cet immense continent, à l’accès souvent difficile aux livres scolaires, et aux grandes disparités entre filles et garçons qui laissent souvent trop de jeunes filles sans diplômes qualifiants.

L’enjeu est de taille et chaque État essaie de faire face à cette réalité néanmoins porteuse d’espérance. D’ailleurs, si l’on n’est pas spécialiste des politiques de jeunesse, j’invite tout un chacun à se promener dans les rues de Conakry, Dakar ou Abidjan au lendemain d’un voyage depuis l’Europe.

Tristesse des rues européennes sans enfants, sans jeux, sans cris, sauf si l’on habite à côté d’une école… Auquel cas, à certaines heures, une illusion naît, celle d’un autrefois où une cour devenait stade de foot, une rue piste d’athlétisme, tel recoin idéal cachette de jeux sans fin, si ce n’était l’appel au repas des mères de famille sous le regard bienveillant des voisins, surveillant tout à la fois, distants mais bien présents.

Cet appel marquait la fin de l’aventure des footballeurs en herbe et des pirates improvisés. Joie des rues africaines, dans le tumulte des percussions, des parties effrénées de foot qui bloquent la circulation, des mamas qui lavent les petits sur le pas des portes, où un pneu devient par la magie du rêve l’instrument d’un plus beau voyage et où un regard vous lance un bonjour rempli d’une vie battante de promesses.

Comparaison n’est pas raison et pourtant ! Qu’avons-nous perdu en Europe au point de vouloir réserver certaines parties de trains à l’usage exclusif des adultes ? Grand continent qui ne vit plus que dans la peur et qui perd massivement ses idéaux de fraternité… Européens, faites un tour dans les rues africaines et, dans ce chaos, retrouvez le bruissement de la vie, retrouvez le sens profond d’un élan qui doit bousculer vos certitudes et votre vision du monde.

Par Daniel Couriol

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