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Guinètâ, le roman-vérité où Tidiane Diallo place l’Afrique face au miroir

De la fureur de l’info au calme du récit, Tidiane Diallo publie son premier roman intitulé Guinètâ. Parue le 6 mars 2026 aux éditions La Bruyère, cette œuvre hybride prouve que la rigueur du terrain reste le plus fertile des terreaux pour l’imaginaire.

Ici, la précision du reportage rencontre la puissance de la métaphore pour sonder une terre natale en pleine transition militaire, et offrir, par le prisme de l’introspection et de la critique sociale, un miroir saisissant des convulsions et des espérances d’une Afrique optimiste mais minée par des transitions sans fin.

Par une annonce sur sa page Facebook, Tidiane Diallo, journaliste à l’hebdomadaire Le Populaire, a officialisé la parution de son premier roman intitulé Guinètâ. Ce passage à l’acte créatif marque la métamorphose d’un observateur du réel en un bâtisseur de fiction engagée.

L’ouvrage prouve que la rigueur du terrain reste le plus fertile des terreaux pour l’imaginaire. Il bénéficie, par ailleurs, d’une préface signée Daouda Conté, personnalité de premier plan et voix respectée de la diaspora guinéenne en Europe.

Déjà présent sur les principales vitrines numériques et physiques, le roman se déploie à la Fnac, sur Amazon ou chez Cultura, tout en investissant les rayons de librairies spécialisées de renom comme Graine de Livre ou Eyrolles. Cette large diffusion permet à l’ouvrage de partir dès maintenant à la rencontre d’un lectorat avide de récits authentiques et profondément ancrés dans les réalités du continent.

Avant de franchir le rubicon du roman, Tidiane Diallo avait déjà fait ses armes en 2021 dans l’ouvrage collectif « Jeunes Africains et Caribéens face à l’avenir » (Éditions L’Harmattan), sous l’égide du sociologue Jean-Célestin Edjangué. Ce dernier, mentor et figure du panafricanisme, avait décelé chez Diallo une détermination rare à disséquer les maux de la jeunesse et à promouvoir les vertus démocratiques.

Héritier d’une lignée d’intellectuels, l’auteur marche dans les pas de ses illustres aïeux de Mombeya. Il s’inscrit dans la lignée de l’érudit et poète Thierno Samba Mombéya, auteur du célèbre Oogirde Malal (en poular : Le filon du bonheur), mais aussi de son père, Abdoulaye Mombeya, dont les éditoriaux au vitriol ont marqué au fer rouge la presse guinéenne des années 90-2000. Pour Tidiane, l’écriture est un « exercice ardu » mais une « consécration magnifique », un sacerdoce qu’il embrasse désormais avec la maturité du romancier.

Un cheminement en trois actes pour une nation en quête d’elle-même

Sous un format élégant de 140 pages, le roman nous entraîne dans le sillage de Mombenkè, un protagoniste dont l’existence bat au rythme des soubresauts politiques de sa patrie. Le récit dépeint la trajectoire d’une espérance brisée, depuis l’espoir initial d’une transition démocratique porteuse d’institutions pérennes jusqu’à la chute brutale des idéaux face aux coups d’État constitutionnels, pour aboutir au retour du destin militaire en septembre 2021, scellant ainsi l’évaporation des rêves d’alternance apaisée.

L’auteur déploie un style singulier, une narration guinéentisée où le français académique se marie harmonieusement aux dialectes populaires et à une prose poétique pour capturer l’âme de la rue. L’œuvre navigue avec une rare agilité entre rétrospective historique, critique sociale et ironie salvatrice.

Le roman s’articule autour de trois piliers narratifs qui structurent la pensée de l’auteur. Le récit s’ouvre sur le constat amer de la défaillance des élites et du mépris des principes démocratiques, avant de laisser place à l’engagement intellectuel de Mombenkè, qui collabore à une œuvre de contribution pour proposer une issue à la transition de 2021.

Enfin, l’ouvrage culmine dans un appel au sacré, entre reconnaissance historique et imploration divine pour mieux orienter un peuple à la dérive. Tout au long de cette quête, le cœur battant du livre se situe au kiosque Attayadrome, ce lieu emblématique de palabres sociopolitiques où se cristallise la conscience collective d’une jeunesse guinéenne en quête de repères.

S’inscrivant dans le sillage de son aïeul, l’érudit Thierno Samba Mombeya, Tidiane Diallo signe avec Guinètâ un premier roman qui est à la fois un témoignage nécessaire et une promesse littéraire. En signant Guinètâ, pays imaginaire et pourtant si réel, Tidiane Diallo livre un réquisitoire intransigeant et tend un miroir à nos compatriotes, les invitant à une introspection nécessaire pour bâtir, enfin, une démocratie authentique.

Par Racine Dieng

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