La première édition des 48 Heures de la Diaspora Forestière se tient les 5 et 6 septembre 2026 à Newark, dans l’État du New Jersey. Porté par l’Association des ressortissants de la Guinée forestière en Amérique (ARGUIFA) et placé sous le haut patronage du président Mamadi Doumbouya, cet événement entend faire du patrimoine culturel un puissant vecteur de développement socio-économique.
Historiquement active sur le terrain du soutien financier et des actions d’urgence, comme lors des crises épidémiques d’Ebola ou de la COVID-19, cette organisation de la diaspora forestière revoit fondamentalement son positionnement depuis quelques années. Et pour cause?
Sous la conduite du très respecté Augustin Kolamou, président du bureau fédéral de l’ARGUIFA, et de Pépé Moriba Balamou, président du comité d’organisation, la communauté cherche désormais à se tailler une place de choix et à s’affirmer comme partenaire économique institutionnel et investisseur direct en Guinée.
Le New Jersey abrite la plus importante communauté issue de la Guinée forestière aux États-Unis, tout en offrant une proximité immédiate avec les grands centres décisionnels de la côte Est. Cette position stratégique vise à maximiser la mobilisation des compétences et des capitaux de la diaspora.
Au cœur des débats figure la grande conférence inaugurale consacrée au mégaprojet Simandou et au programme national Simandou 2040. Pour les organisateurs, l’enjeu ne réside plus seulement dans l’extraction des ressources, mais dans une redistribution équitable des retombées économiques.
Dans un entretien exclusif accordé au semainier Le Populaire, Pépé Moriba Balamou martèle cette nouvelle vision. « Face à une telle ambition nationale, explique-t-il, nous pensons que le rôle de la diaspora ne doit pas être celui de simples observateurs, mais de partenaires actifs. »
L’ambition est d’intégrer activement les experts expatriés dans les chaînes de valeur locales, notamment dans des secteurs clés comme les mines, la logistique et l’énergie, tout en soutenant les PME nationales. De plus, les expositions préfectorales prévues servent de vitrine commerciale aux producteurs locaux pour leur ouvrir des débouchés internationaux. Sur le plan diplomatique, cette édition revêt une dimension sous-régionale affirmée en accueillant le Liberia et la Sierra Leone comme invités d’honneur.
Grâce à la fédération de ces nations voisines de l’espace du fleuve Mano, l’ARGUIFA s’aligne sur la politique de dialogue apaisé prônée par le président Mamadi Doumbouya. « C’est une plateforme où la culture rapproche les peuples, où l’économie crée des opportunités et où la diplomatie des peuples vient accompagner les efforts des États», explique Pépé Moriba Balamou, président du Comité d’organisation.
Soutenue par l’Ambassade de Guinée à Washington ainsi que par des membres du gouvernement, l’ARGUIFA, qui s’appuie sur ses 26 ans d’engagement depuis sa création par Nèma François Chérif, Dr Édouard Zoutomou, Dr Faya Millimouno et Maman Elisa Nzérékoré, entend faire de ces journées le point de départ d’un partenariat durable pour la Guinée.
Par Racine Dieng