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Dar-es-Salam, le désarroi des propriétaires et les voies de recours

Au-delà de l’hommage national rendu aux victimes, le drame de la décharge de Dar-es-Salam s’accompagne de mesures conservatoires draconiennes. Sur le terrain, la douleur des pertes humaines se mêle désormais à la détresse de nombreux sinistrés.

Afin de prévenir tout risque de nouveau glissement de terrain sur un sol gorgé d’eau et hautement instable, les autorités ont rapidement engagé des opérations massives de sécurisation en traçant un périmètre d’exclusion élargi tout autour de la montagne de déchets. Cette décision a entraîné le déguerpissement immédiat des riverains et la démolition de nombreuses concessions au moyen d’engins lourds.

Sur le terrain, ces opérations provoquent des scènes d’une vive émotion alors que plusieurs habitants assistent en larmes à la destruction de leurs maisons pourtant situées à bonne distance de la zone d’impact direct.

De nombreux pères et mères de famille aujourd’hui sans abri affirment détenir des titres de propriété et des permis de bâtir enregistrés en bonne et due forme auprès des services domaniaux. Tout en reconnaissant la dangerosité du site, ces citoyens dénoncent une expropriation brutale de leurs patrimoines immobiliers légitimement acquis.

Face à cette situation d’urgence d’État, le droit prévoit néanmoins des mécanismes de protection pour les personnes lésées. Bien que la puissance publique puisse invoquer l’utilité publique et la sécurité nationale pour agir promptement, la législation impose le principe d’une juste et préalable indemnisation pour tout propriétaire détenteur d’un titre foncier formel ou d’un bail emphythéotique valide.

Les riverains impactés disposent ainsi de la possibilité de saisir la commission d’évaluation des biens expropriés afin d’exiger une expertise contradictoire, tout en introduisant si nécessaire un recours gracieux auprès du ministère de l’Urbanisme et de l’Habitat ou un recours contentieux devant les juridictions administratives pour contestation d’excès de pouvoir et demande de réparation financière.

En parallèle, les démarches d’accompagnement social d’urgence se poursuivent pour recenser les familles déguerpies et leur offrir un relogement temporaire.

Par Alpha Abdoulaye Diallo in Le Populaire du 7 septembre 2026

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