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Des frontières de paix pour un bon voisinage

Lorsque nous, dans toute notre diversité de citoyens, dignitaires coutumiers, guides religieux et responsables des institutions républicaines, nous mobilisons aux côtés du gouvernement pour accueillir le Vice-Président sierra-léonais, le Dr Mohamed Juldeh Jalloh, reçu par le Premier ministre Amadou Oury Bah ce 9 septembre 2026 à Conakry, nous affirmons un choix stratégique majeur.

Ensemble, nous abordons la sécurité, le commerce ainsi que les migrations car nos deux nations partagent une mémoire commune au sein de l’Union du fleuve Mano. Nous saluons la création future de la carte de commerçant et la tenue d’une foire commune qui stimulera le marché local tout en renforçant la fraternité entre nos peuples.

Nous accueillons également avec gravité les condoléances transmises pour le drame de Dar-es-Salam et ce geste symbolise l’empathie nécessaire entre voisins. Oui ! Le passé nous rappelle toutefois la fragilité de notre sous-région et l’affaire de Yenga reste dans toutes nos mémoires. Nous n’oublions pas non plus les frictions passées avec le Liberia, la Guinée-Bissau, la Côte d’Ivoire, le Mali ou le Sénégal.

Aujourd’hui, nous devons aussi tourner nos regards vers la Gambie qui mérite elle aussi la quiétude en ces temps de tempête autour du régime d’Adama Barrow, empesté par un projet de mandat présidentiel de trop bien que la constitution reste ouverte à ce délit de bienséance.

De toutes ces tensions, nous tirons une leçon fondamentale prouvant que les armes ne règlent rien et que seule la diplomatie préventive garantit notre stabilité. Et lorsque nous observons la visite d’État de notre Président en Côte d’Ivoire du 11au 14 septembre 2026, nous mesurons la portée de cette avancée diplomatique.

Nous voyons nos dirigeants, Mamadi Doumbouya et Dr Alassane Ouattara, échanger sur l’économie, la sécurité et la formation sous le signe de l’unité et du panafricanisme. Nous faisons nôtre la pensée de Félix Houphouët-Boigny rappelant que la paix n’est pas un vain mot mais un comportement qui commence par le respect et la compréhension entre voisins.

Nous devons transformer l’axe Abidjan-Conakry en moteur pour la CEDEAO et l’Union du fleuve Mano. Nous savons que sécuriser nos frontières exige de la confiance car la diplomatie préventive nous coûte toujours moins cher que la guerre.

Dans notre Afrique de l’Ouest secouée au Mali, au Burkina et au Niger, nous devons faire de la coopération régionale un impératif de survie. Et dans cet esprit de bon voisinage, il nous appartient désormais de concrétiser cette vision par des routes sûres, des échanges fluides et des bourses d’études.

Nous affirmons que nous devons honorer le droit de nos peuples à vivre ensemble en transformant nos anciennes querelles en alliances durables, car la paix se bâtit aussi par le commerce, l’éducation, la diplomatie et le respect mutuel.

Par Alpha Abdoulaye Diallo in Le Populaire du 14 septembre 2026

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