D’abord, le symbole compte. Se déplacer « en solidarité » alors que le Mali traverse des attaques terroristes, c’est reconnaître que l’insécurité n’a pas de passeport. Quand le président sénégalais condamne des actes « lâches et barbares » et rend hommage aux sacrifices maliens, il ne fait pas de la diplomatie de façade.
Il rappelle une évidence selon laquelle la stabilité de Bamako est aussi celle de Dakar, que les frontières entre nos pays ne sont que des lignes sur une carte, et que les familles, le commerce et la culture ne s’arrêtent pas à la frontière.
Ensuite, le fond. Au-delà des mots de fraternité, le concret prend le dessus avec des dossiers comme la sécurité, l’économie, l’OMVS, l’UEMOA et la gestion du fleuve Sénégal. C’est cela une diplomatie utile.
Le terrorisme se combat mieux à plusieurs. L’inflation se combat mieux avec des corridors commerciaux fluides. Et l’eau du fleuve Sénégal ne peut se gérer qu’ensemble. Proposer un sommet des chefs d’État sur la coopération monétaire et hydraulique, c’est mettre les institutions régionales au service des citoyens.
Ce qui est particulièrement appréciable ici, c’est la posture. Pas de leçon, pas de condition. Juste du dialogue et de l’écoute. Le président Faye salue « l’accueil chaleureux et fraternel ». Il parle de liens « de parenté, de culture ». C’est une diplomatie qui ressemble aux gens. Ici, en Guinée et partout ailleurs dans le reste du monde, on appelle cela la « diplomatie de voisinage ». On ne choisit pas ses voisins, alors autant bâtir avec eux.
Évidemment, les défis restent immenses. La route Bamako-Dakar doit rester ouverte. Les prix doivent baisser. Les jeunes doivent voir des opportunités. Mais une visite comme celle-ci crée la confiance nécessaire pour avancer.
D’autres pays ouest-africains s’inspireront de cette démarche. Moins de communiqués de rupture, plus de visites de travail. Moins de spéculation, plus de projets communs. Quand deux pays décident de privilégier le dialogue à la confrontation, toute la sous-région y gagne. C’est comme ça qu’on construit une intégration durable ! Pas dans les discours, mais dans les gestes. Et ce 28 juillet, le geste était fort.
Par Alpha Abdoulaye Diallo