Les Bissau-Guinéens sont appelés aux urnes ce dimanche 30 août. Près d’un million d’électeurs doivent se prononcer sur un projet de nouvelle Constitution. Le vote a débuté en matinée sous la supervision des autorités de transition, arrivées au pouvoir à la suite du coup d’État du 26 novembre 2025.
Le projet propose une refonte en profondeur des institutions. L’objectif affiché par la junte du Général Horta N’Tam est de corriger l’instabilité chronique du pays. Dans les faits, il prévoit un net renforcement des pouvoirs du président et le passage vers ce que les analystes appellent un hyper-présidentialisme.
Parmi les autres changements, on note le nombre de députés qui passerait de 102 à 65, celui des districts de 29 à 12. Les conditions pour se présenter à la présidentielle seraient aussi alourdies, avec une caution de 50 millions de francs CFA exigée.
Scrutin référendaire boycotté par l’opposition
Le PAIGC, principale formation d’opposition, a appelé au boycott. Il dénonce un processus organisé sans consensus et des restrictions imposées aux partis et aux médias depuis le putsch.
Pour les militaires, l’enjeu est clair. Une forte adhésion au « Oui » leur donnerait une légitimité pour poursuivre la transition vers des élections prévues en décembre 2026. À l’inverse, une faible participation ou un rejet du texte risque de fragiliser le calendrier.
Le résultat de ce référendum sera donc scruté autant pour le score que pour le taux de participation.
Par Racine Dieng