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Le monde ne traverse pas seulement une accumulation de crises. Il traverse une crise de confiance dans les mécanismes mêmes censés les prévenir, les contenir ou les résoudre. Les guerres s’installent. Les fractures géopolitiques se durcissent. Les institutions multilatérales demeurent indispensables, mais leur autorité politique et morale est de plus en plus contestée. À mesure que les tensions s’aggravent, une évidence s’impose : le système international souffre moins d’un déficit de structures que d’un déficit de confiance.
C’est dans cet esprit que doit être pensée la succession à la tête de l’Organisation des Nations Unies. Le choix du prochain Secrétaire Général ne peut être réduit à une mécanique institutionnelle. Il constitue l’un des grands tests politiques de notre époque : la communauté internationale veut-elle prolonger les équilibres d’hier, ou se donner enfin un leadership à la hauteur du monde tel qu’il est devenu ? À mes yeux, la perspective d’une candidature de Macky Sall mérite d’être considérée avec le plus grand sérieux et le plus grand intérêt. Non pas par convenance. Mais par lucidité.
Un profil rare pour un monde déréglé
Peu de profils réunissent aujourd’hui, avec une telle densité, les qualités requises pour exercer la fonction de Secrétaire général des Nations Unies. Ce qui distingue une candidature crédible à ce niveau n’est pas seulement l’expérience du pouvoir. C’est la capacité à avoir traversé, dans un même parcours, plusieurs dimensions du leadership contemporain : la conduite de l’État, la parole internationale, la gestion des crises, la négociation politique, la défense des intérêts du Sud global et l’aptitude à dialoguer avec les grandes puissances sans perdre sa propre autonomie.
C’est précisément cette combinaison assez rare qui singularise l’ancien Président sénégalais Macky Sall.
Chef d’État du Sénégal pendant 12 ans, ancien Président de l’Union Africaine, interlocuteur reconnu dans les grands forums mondiaux, Macky Sall appartient à cette catégorie peu commune de dirigeants qui ont exercé le pouvoir national tout en assumant une présence continentale et un leadership international très remarqué. Et c’est exactement ce dont les Nations Unies auront besoin dans les années qui viennent.
Une voix qui a porté sur les grands déséquilibres du monde
Le futur Secrétaire Général de l’ONU devra être capable de comprendre les grandes fractures contemporaines dans toutes leurs dimensions : économiques, climatiques, sanitaires, alimentaires, sécuritaires et géopolitiques. Ce qui distingue Macky Sall, c’est son engagement et sa mobilisation sur toutes ces grandes questions.
Sur la dette et le financement des économies africaines, Macky Sall a porté un plaidoyer constant pour une réforme plus juste de l’architecture financière internationale. Il a notamment défendu l’idée que les droits de tirage spéciaux (DTS) du FMI puissent être mobilisés de manière plus utile et plus équitable au service des financements publics africains.
Sur le climat, il a rappelé avec constance qu’il n’y aura pas de justice climatique sans justice financière, sans financement de l’adaptation, sans transition énergétique équitable et sans reconnaissance du droit au développement des pays africains. Aujourd’hui encore, en tant que Président du Centre Mondial pour l’Adaptation, il continue de défendre cette ligne avec cohérence.
Sur les questions sanitaires, la pandémie de Covid-19 a révélé les déséquilibres profonds de la solidarité mondiale. Dans ce moment, Macky Sall a porté une voix claire en faveur de l’équité vaccinale, de la souveraineté sanitaire et du renforcement des capacités africaines de production de vaccins et de produits pharmaceutiques.
Sur la guerre Russie–Ukraine, il a conduit en 2022, en tant que président en exercice de l’Union Africaine, les premières démarches diplomatiques africaines avec une double exigence : défendre le dialogue et sécuriser les approvisionnements en céréales et en engrais essentiels pour l’Afrique.
Sur la représentation de l’Afrique dans la gouvernance mondiale, ses initiatives et son engagement ont également compté. L’admission de l’Union Africaine au G20 en septembre 2023 a marqué une avancée historique, à laquelle son plaidoyer a apporté une impulsion décisive.
Sur le Sahel et la question de la lutte contre le terrorisme, Macky Sall a toujours défendu une approche fondée à la fois sur la solidarité, la sécurité et la compréhension des causes profondes de l’instabilité. Cet engagement s’est aussi traduit en actes concrets, notamment à travers le soutien du Sénégal et de l’UEMOA aux pays les plus touchés par le terrorisme. Et sa mobilisation dans les cadres régionaux en faveur de ces pays dans leur lutte contre le terrorisme est resté constant.
Un médiateur dans un monde polarisé
L’une des menaces les plus sérieuses qui pèsent aujourd’hui sur les Nations Unies est celle de la paralysie par polarisation. Le prochain Secrétaire Général devra être capable de parler à tous sans être perçu comme l’homme d’un camp. Il devra pouvoir être entendu à Washington sans être disqualifié à Pékin, respecté à Bruxelles sans perdre sa crédibilité à Addis-Abeba, écouté à Moscou comme à Kiev, dans les capitales du Sud comme dans celles du Nord.
Autrement dit, il faudra un médiateur. Et c’est précisément cette qualité d’équilibre, de retenue et de dialogue qui donne à une candidature comme celle de Macky Sall toute sa portée internationale et son grand intérêt.
Une candidature de responsabilité
Au regard de toutes les crises et défis auxquels fait face notre monde, il est indéniable que l’ONU demeure indispensable. Mais elle ne retrouvera pleinement sa force que si elle retrouve sa légitimité. Dans ce cas, son prochain Secrétaire Général devra porter une ligne claire : restaurer la crédibilité du multilatéralisme par plus d’équité, plus de cohérence, plus d’écoute et plus de justice dans la prise en compte des vulnérabilités du monde.
En effet, dans les années qui viennent, l’Organisation des Nations Unies aura besoin d’une personnalité capable de comprendre le monde tel qu’il est, sans renoncer à l’idéal de ce qu’il devrait être. Elle aura donc besoin d’un leadership d’équilibre. D’une parole de responsabilité.
D’une autorité de confiance.
Et il faut le répéter une fois de plus et sans conteste : rares sont aujourd’hui les personnalités comme le Président Macky Sall qui présentent, avec une telle cohérence, un parcours aussi complet, une telle familiarité avec les grands dossiers du monde et une capacité aussi éprouvée à conjuguer expérience de l’État, crédibilité internationale et sens du dialogue.
C’est pourquoi sa candidature au poste de Secrétaire Général des Nations Unies mérite d’être portée avec sérieux, avec ambition et avec le sens des responsabilités qu’impose notre époque. Le monde a besoin d’une ONU plus écoutée. L’ONU a besoin d’une parole plus forte. Et cette parole, demain, pourrait venir d’Afrique, portée par une voix d’expérience, d’équilibre et de responsabilité — une voix respectée dans le monde : celle de Macky Sall.
Par Alpha Barry,
Ancien ministre des Affaires Etrangères et de la Coopération du Burkina Faso