Considérées comme l’une des plus grandes rencontres musicales du continent à l’image de Visa For Music du Maroc, JMC de la Tunisie, les Victoires de la musique guinéennes restent une plate-forme incontournable qui permet aux artistes africains et aux professionnels de la musique de se positionner sur la scène internationale. C’est la cérémonie qui récompense chaque année depuis 2019 les artistes africains pour leurs contributions à la musique devenant ainsi un événement majeur synonyme d’un point de convergence pour les acteurs culturels et les amoureux de la musique. Aboubacar Mamadou Camara le président du comité d’organisation des VDMG a accordé un entretien à Seneweb depuis Paris pour parler de l’activité et les innovations majeures de l’édition 2026.
Vous êtes l’initiateur du concept les Victoires de la musique en Afrique. Qui est Bouba Angelo ?
Bonjour Mané ! Tout d’abord, je tiens à vous remercier pour cet intérêt et cette opportunité. C’est un plaisir pour moi de pouvoir m’exprimer dans les colonnes de votre média Seneweb. C’est souvent un exercice pas assez aisé de parler de ma personne tant le chemin parcouru semble très long avec des expériences transversales. Brièvement, je suis Aboubacar Mamadou Camara à l’état civil, connu sous le pseudo de Bouba Angelo sur les réseaux sociaux. Un éternel passionné de culture et de musique avec toutes les interactions que cela peut générer pour un monde meilleur.
Journaliste et animateur radio, j’habite en France, il y a plus d’une dizaine d’années. Ce qui m’a permis de vivre de grandes expériences et de me connecter à plusieurs horizons professionnels au rythme de ma passion. Je suis le directeur général et CEO de l’Agence ÉLITE COM. Depuis 2019, concepteur du projet les Victoires de la musique guinéenne et du forum dédié le Salon de la musique à Conakry. Également, fondateur et directeur de publication du portail culturel Afroguinée Magazine créé en 2012.
C’est peut-être vrai que je suis le premier à mettre en pratique le concept des Victoires de la musique en Afrique avec l’Agence ÉLITE COM. Mais nous avons adapté ce concept à nos réalités sur le terrain avec beaucoup d’agilité. L’idée étant de créer un tremplin culturel professionnel dédié à la promotion et à la valorisation de l’excellence de la musique guinéenne.L’Association Les Victoires de la musique est une grande institution culturelle française qui a été créée en 1985 et qui a produit sa 41e édition, cette année.
Quel est l’objectif des Victoires de la musique guinéenne ?
Notre objectif, dès le départ, a été de mettre en place un projet ambitieux pour faire la promotion véritable de la scène musicale guinéenne, de créer une émulation saine entre artistes et créateurs. Mais surtout mettre de la lumière sur ces nombreux talents musicaux guinéens à travers une cérémonie de remise des trophées crédible et transparente.
Ensuite, s’est ajoutée l’idée de structuration et de renforcement des capacités des acteurs culturels de la filière musique en technique de développement à travers le forum dédié qui s’appelle le Salon de la musique guinéenne. Aujourd’hui, nous sommes très fiers de ce projet, car il contribue valablement au rayonnement culturel guinéen.
Comment est venue l’idée de mettre en place un tel événement ?
En fait, le projet des Victoires de la musique guinéenne est venu combler un grand vide dans le paysage musical guinéen : celui de l’absence d’une cérémonie de remise de trophées crédible et transparente. À un moment donné, tous les Awards musicaux guinéens avaient disparu pour de multiples raisons.
Face à cette situation alarmante, il fallait faire quelque chose pour booster nos artistes et l’industrie musicale du pays. Nous avons donc réfléchi pour faire quelque chose d’innovant et fédérateur afin de soutenir nos artistes et leurs créations.
Porté par l’agence ÉLITE COM, le projet des Victoires de la musique guinéenne est né de ce constat pour consolider l’émergence d’une véritable industrie musicale guinéenne à l’ère de la globalisation. La première édition a été lancée en décembre 2019 avec beaucoup de difficultés. Et au fil des ans, nous avons tenu la baraque ! Depuis cette date, les Victoires de la musique guinéenne s’imposent, désormais, comme le label de référence pour la reconnaissance et la promotion des artistes guinéens à l’échelle mondiale.
A quand remontent les Victoires de la musique guinéenne ?
La première édition de la cérémonie des Victoires de la musique guinéenne s’est tenue en décembre 2019 sous les auspices de la légende, feu Mory Kanté avec la présence du gotha people de Conakry, de hauts cadres du département de la culture en Guinée et devant un parterre de journalistes. En décembre 2026, nous célébrons donc la 8e édition des VDMG, un rendez-vous majeur et incontournable pour la scène artistique du pays, symbole d’une Guinée musicale fière, ambitieuse et connectée au monde.
Comment se passe la sélection des artistes pour ce genre d’événement ?
La sélection des artistes nominés est toujours très serrée. Les Victoires de la musique guinéenne à un comité directeur qui procède à la présélection des œuvres musicales majeures de l’année basées sur onze critères fondamentaux d’éligibilité à cela s’ajoute le résultat des différents sondages réalisés auprès des médias, du public et des professionnels de la filière musique. Ce processus professionnel, très calibré sur la saison culturelle, nous permet de dresser la liste des nominés pour chaque édition. Ensuite, on lance les différents canaux de votes du public et du jury pro pour déterminer les meilleurs dans chaque catégorie qui recevront les trophées lors de la cérémonie.
Est-il facile pour vous d’organiser une cérémonie aussi prestigieuse ?
Du tout ! Il faut trouver d’abord les ressources nécessaires pour la réalisation du projet et la production de l’événementiel. C’est souvent très compliqué ! Car il nous faut, chaque fois, de gros moyens financiers et un investissement humain sans compter l’aspect technique qu’il faut gérer avec les régies de prod.
C’est pourquoi, tous les ans, nous sommes en quête de sponsors potentiels et de mécènes pour nous aider à supporter les énormes coûts de production que cela engendre, car nous n’avons pas de subvention ni de ligne budgétaire directe venant de l’État guinéen. À la fin de chaque édition, c’est comme un nouveau défi que nous avons relevé. Justement, je profite de l’occasion, encore une fois, pour demander au ministre guinéen de la Culture, du Tourisme et de l’Artisanat de bien vouloir, enfin, institutionnaliser ce projet des Victoires de la musique guinéenne. Car à l’orée de cette 8e édition, les VDMG contribuent efficacement à vendre la destination Guinée et faire la promotion de l’excellence de la culture guinéenne à travers la musique.
Aujourd’hui, les VDMG et le Salon de la musique guinéenne sont inscrits de façon incontournable dans l’agenda culturel du pays avec une valeur ajoutée palpable. Par ailleurs, notre premier partenaire institutionnel reste le Ministère de la Culture, du Tourisme et de l’Artisanat à travers le Fonds de Développement des Arts et de la Culture ( FODAC).
Est-ce qu’on peut s’attendre à une édition des Victoires de la musique à Dakar ?
C’est une idée géniale de pouvoir dupliquer ce projet par exemple au Sénégal, à Bamako ou dans d’autres grands pays africains de l’espace francophone. Ça fait déjà quatre ans que nous y réfléchissons. Nous sommes en train de mûrir cette idée avec des promoteurs culturels de la sous-région. Personnellement, je pense que le projet a atteint une certaine dimension où il faut étendre davantage le réseau et construire un grand écosystème pour les créateurs et les artistes africains avec les Victoires de la musique.
Comment s’annonce l’édition 2026 et quelles seront les grandes innovations ?
L’édition 2026 des Victoires de la musique guinéenne s’annonce grandiose. Ça va être une édition très spéciale avec beaucoup de nouveautés et des invités de marque venant de la France et de la sous-région. De plus, le Salon de la musique guinéenne organisé en amont de la cérémonie sera axé sur un thème très actuel qui parlera de l’IA, de développement culturel et de link entre créateurs.
Est-ce que les artistes anglo-saxons sont concernés par les VMG ?
Pour l’instant, le projet des Victoires de la musique guinéenne est basé sur les artistes francophones. C’est un choix de réseau professionnel. Cela ne veut pas dire que les portes sont fermées. Nous avons pour le moment trois catégories export : Meilleur Artiste Afrique du Nord, Meilleur Artiste West Africa et Meilleur Artiste Afrique Centrale. Mais notre ambition est d’élargir nos horizons pour une meilleure promotion de tous les artistes africains et de leurs œuvres, mais aussi pour une meilleure interconnexion entre tous les acteurs de l’écosystème de la filière musique du continent à travers les Victoires de la musique.
Le mot de la fin…
Mention spéciale à tous les artistes et tous les acteurs de l’industrie culturelle guinéenne qui œuvrent chaque jour pour le rayonnement culturel guinéen. Même si, quelquefois, les moyens manquent, ils sont toujours là, entreprenants et ambitieux pour le pays. Cette force de résilience est à saluer.
Propos recueillis par Alioune Badara Mané Journaliste/ Seneweb
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