En explorant les univers singuliers d’Ycare, de Patrick Lachaussée et de Gauvain Sers, Daniel Couriol dessine les contours d’une renaissance. À travers cette lecture inspirante, il salue le retour d’un humanisme vibrant au cœur de la chanson francophone. Une mise en lumière nécessaire de ces « pépites artistiques » qui, par la force des mots, transmutent la douleur en espérance et font de la musique un véritable acte de foi envers l’avenir.
Bonne lecture !
Les temps incertains et chaotiques que nous vivons, relayés par les médias qui posent sur ceux-ci comme un effet de loupe, nous plongent dans le bruit et la fureur…
À croire que les valeurs de l’humanisme ont de plus en plus de mal à exister face au développement sans limites de l’intolérance, de l’invective, de la loi du plus fort. Pourtant, c’est dans cette période qui s’étire depuis trop longtemps que trois chansons, à mon goût, illuminent le ciel déjà riche de la chanson d’expression française.
Trois pépites en quelques mois, cela tient, quant au calendrier, du miracle ; cela tient, en termes artistiques, d’une grâce providentielle. Je vous invite à les découvrir sur les réseaux sociaux et sur les plateformes musicales sans plus tarder et à les goûter sans modération aucune.
La première s’intitule Un Paradis, présente dans l’album éponyme d’Ycare. Cet artiste franco-libanais né à Dakar trace un parcours, depuis l’émission Nouvelle Star en 2008, qui est l’expression d’un auteur-compositeur d’une grande sensibilité, celle d’un poète à fleur de peau, d’une humanité rare. Résilient aussi, ce qui lui fait écrire à la fin de cette chanson magique : « Le jour, et maintenant on le sait, finit toujours par se lever… »
Chanson d’espérance, appel à la lumière de la vie, elle me permet d’aborder la deuxième que je vous propose de découvrir : Vox Clamantis in Deserto. Son créateur est un diplomate français, Patrick Lachaussée, ancien Consul général de France à Genève. Dans son dernier album intitulé Vivre, Vox Clamantis, comme il l’écrit lui-même, est une voix qui « garde la frontière entre la nuit et la lumière ». Ce diplomate, musicien, auteur-compositeur nous transmet un message afin que nous continuions d’espérer malgré tout, que nous gardions dans le chaos actuel une quête de spiritualité, que nous gardions foi en l’avenir.
Enfin, je veux saluer le dernier album de Gauvain Sers, Boulevard de l’Enfance, et sa chanson titre, enregistrée et interprétée avec Francis Cabrel. Ce duo qui aborde le thème insupportable de l’enfance bafouée veut nous faire sortir de notre insouciance, voire de notre indifférence. Ce thème ô combien sensible est abordé avec tellement de pudeur et de justesse qu’il se transforme en un bijou véritable, incontournable.
Oui, ces trois chansons, portées par des artistes différents mais aux valeurs très proches, nous ramènent par leur poésie, leur musicalité et l’émotion qu’elles procurent à ce qu’il y a de plus beau : la création au service de l’Homme.
Par Daniel Couriol