La soirée a pourtant débuté lentement. À l’ouverture des portes à 16h, le public arrivait au compte-gouttes. À 20h, la salle de 6 500 places affichait encore un visage clairsemé. La production avait pourtant annoncé une billetterie à 4 000 billets vendus la veille.
Devant une salle encore clairsemée, artistes en herbe et réglages techniques se sont succédés. Après une pause de 20 minutes, tout s’est accéléré. À 21h40, Ans-T Crazy est entré en scène. Képi sur la tête, écharpe aux couleurs du drapeau guinéen autour du cou, il a enchaîné « Tökö », « C’est sa tête » et « Sékhounsè ». Le Zénith s’est embrasé.
La fièvre est montée d’un cran avec « Wo Sac Bamba », « Balangny Mödou » et « Avancer ». La fosse s’est transformée en bal populaire. Le public, venu de France et de la diaspora africaine d’Europe, reprenait les morceaux en chœur. Une catharsis collective, loin des clivages ethniques et politiques.
Submergé par l’émotion, l’artiste a confié : « Je ne sais pas comment vous remercier pour ce que vous avez fait pour moi ce soir ». Tellement ému, il se dit que ce jour est semblable à son jour de naissance, un moment d’anniversaire sinon plus encore.
Ans-T Crazy est revenu à 22h33 dans un second costume rouge et blanc pour prolonger l’euphorie. Il a reçu le soutien du groupe togolais Toofan, Masta Just et Barabas, et du rappeur ivoirien Elow’n du Kiff No Beat. Un symbole fort de solidarité ouest-africaine. Le concert s’est terminé à 23h01 sous une ovation générale.
Par Tidiane Diallo, envoyé spécial