« La culture est le ciment qui unit les peuples par-delà les frontières et les idéologies. » — Djibril Tamsir Niane
À l’aube de cette nouvelle mandature, la République de Guinée, sous la Présidence du Général Mamadi Doumbouya, s’affirme comme une nation qui ne se contente plus de subir les flux mondiaux, mais qui les oriente. Dans cette vision de refondation nationale, la culture a cessé d’être un simple apparat pour devenir le moteur d’une diplomatie nouvelle. Entre Conakry et Paris, une relation de confiance mutuelle tente de réinventer la mobilité, transformant le visa de voyage en un levier stratégique de croissance industrielle.
La Mobilité : Un Rempart contre l’Immigration Irrégulière
Il est essentiel de saluer la volonté manifeste des autorités consulaires françaises de coconstruire une relation de confiance avec les acteurs du secteur. Cette politique, en facilitant l’octroi des visas, encourage une immigration régulière, circulaire et hautement productive. Pour une nouvelle génération d’acteurs guinéens, le voyage n’est plus une fuite, mais une escale de perfectionnement.
Ces professionnels prouvent que l’on peut briller à l’international tout en restant enraciné au pays. Des figures majeures telles que Ousmane Conté (OC), Alby, Lassine Koné, Mohamed Milla Camara, ainsi que le couple iconique Soul Bang’s et Manamba Kanté, sont aujourd’hui les ambassadeurs de cette dynamique. En revenant systématiquement investir leur savoir-faire en Guinée, ils prônent une mobilité d’excellence qui sert d’exemple à toute la jeunesse.
Le Spectre des Restrictions : Un Défi pour le Partenariat
Toutefois, ce tableau encourageant fait face à une actualité brûlante. Ce mercredi 28 janvier 2026, l’Ambassadeur de l’Union européenne à Conakry, Xavier Sticker, a pointé du doigt une coopération jugée « insuffisante » en matière de réadmission des migrants en situation irrégulière. En invoquant l’article 25A du Code des visas, le diplomate a prévenu qu’à défaut de progrès sur les laissez-passer consulaires, l’UE pourrait activer des mesures de rétorsion : frais de visa plus élevés et délais de traitement rallongés.
Ce durcissement potentiel rappelle que la mobilité culturelle, bien que légitime et bénéfique, reste tributaire des équilibres administratifs entre Conakry et Bruxelles. L’enjeu est désormais d’éviter que les acteurs de la création ne deviennent les victimes collatérales de ces tensions migratoires.
III. Une Synergie Institutionnelle et une Chaîne de Valeur Holistique
Malgré ces défis, l’originalité de la vision actuelle réside dans la prise en compte de l’intégralité de la chaîne de valeur, des musiciens aux artisans d’art. Cette ambition repose sur une collaboration inédite entre les structures de terrain (CCFG) et les directions étatiques (Ministère de la Culture, FODAC, ONT). Cette synergie permet d’appuyer les opérateurs de la diaspora pilotant des événements comme le Festival Nimba ou Urban MADE Ouest, transformant chaque expérience internationale en un transfert de compétences technologiques et managériales.
Conclusion : La Culture face au défi de la réciprocité
La Renaissance culturelle guinéenne est un message clair envoyé au monde : nous sommes prêts à échanger et à construire sur des bases solides. L’avertissement de l’Union Européenne souligne toutefois l’urgence d’une coopération administrative fluide pour protéger les « voies légales » qui font la fierté de nos talents.
En investissant dans la mobilité, nous ne bâtissons pas seulement des carrières, nous consolidons la dignité et la souveraineté d’une nation en mouvement. En dépit des défis consulaires, la Guinée de 2026 demeure cette terre de ressources humaines infinies que l’on exporte avec fierté, professionnalisme et patriotisme. La culture est notre meilleure ambassadrice pour garantir que la mobilité reste un droit au service du développement mutuel.
Par Daouda Conté Entrepreneur Culturel et Analyste socio-politique