La musique guinéenne est en deuil. Le célèbre flûtiste Baba Gallé Barry, figure de proue de l’ensemble traditionnel Djeré Fouta, a tiré sa révérence le lundi 16 février 2026.
L’artiste a rendu l’âme à l’hôpital Ignace Deen de Conakry, succombant aux blessures d’un tragique accident de la circulation survenu plus tôt dans la commune de Matam. Originaire de Dinguiraye, Boubacar Barry, plus connu sous le nom de Baba Gallé, était un gardien du patrimoine immatériel des hauts plateaux du Fouta-Djalon.
Maître incontesté de son instrument à vent, il possédait cette faculté rare d’épouser la modernité des studios sans jamais trahir l’authenticité de son art. Sa signature sonore, reconnaissable entre mille, portait en elle l’essence de la vie pastorale.
Par un jeu d’une aisance déconcertante, il savait mêler une mélancolie profonde à une technicité qui transcendait les genres musicaux. De Conakry à Abidjan, son talent a rayonné bien au-delà des frontières nationales.
Collaborateur de longue date de Lama Sidibé, il a mis son souffle au service de nombreux autres artistes, enrichissant d’innombrables albums et singles de sa touche magistrale. Au sein de la troupe Djeré Fouta du manager Ibrahima Legous Diallo, il s’était donné pour mission d’exporter la richesse culturelle guinéenne sur les plus grandes scènes africaines.
Véritable trait d’union entre les anciens et la nouvelle génération de flûtistes, il incarnait la transmission d’un savoir ancestral. Avec son rappel à Dieu, c’est un pan entier de notre identité sonore qui s’éteint. Le murmure de sa flûte continuera pourtant de résonner dans le cœur de ceux qui, à travers ses notes, ont appris à aimer la terre et l’histoire du Fouta.
Par Tidiane Diallo