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Le constat sans appel du Dr Faya Millimouno sur le déroulement du scrutin présidentiel

Silence rompu pour Faya Millimouno. Le candidat du Bloc libéral dénonce l’ampleur des fraudes ayant entaché le scrutin du 28 décembre 2025.

Entre preuves vidéos de bourrages d’urnes et entraves administratives, il fustige la gestion du ministère de l’Administration du territoire et pointe un retour en arrière historique pour la démocratie guinéenne.

Si l’élection présidentielle du 28 décembre 2025 s’est déroulée dans un calme apparent, l’ampleur des fraudes a poussé le Dr Faya Millimouno, président du Bloc libéral, à sortir de son silence.

Dans un réquisitoire cinglant, il dénonce un processus électoral dévoyé par des fraudes massives et une organisation partiale sous l’égide du ministère de l’Administration du territoire et de la Décentralisation, via la Direction générale des élections (DGE).

Le ton est grave, le constat sans appel. Pour le leader du BL, ce que la Guinée vient de vivre n’a rien d’un exercice démocratique. Dès l’ouverture des bureaux à Anta, où il a voté à 9h15 dans une atmosphère de faible engouement, les signaux d’alerte sont remontés. « Nos délégués ont été chassés sous prétexte que leurs ordres de mission n’étaient pas visés par les mairies, une exigence pourtant illégale », martèle-t-il.

Bourrage d’urnes

L’homme politique décrit des scènes de fraude orchestrées à ciel ouvert. Vidéos à l’appui, il évoque des membres de bureaux de vote « cochant, pliant et glissant » eux-mêmes les bulletins dans les urnes.

À Kissosso, le scandale frise l’absurde. Onze bureaux de vote de l’école EP Collège Bas-fond ont été purement et simplement déplacés à sept kilomètres de là, sans préavis. « Plus de 3 000 électeurs ont été ainsi privés de leur droit », s’indigne le candidat. Plus inquiétant encore, l’usage de la force. Au lycée Sophia Pôle, l’irruption de 300 militaires tentant de voter par dérogation a été signalée.

Pour le Dr Faya Millimouno, le retour de l’organisation des élections dans le giron du ministère de l’Administration, est un recul de deux décennies. « Nous avons cru que la démocratie avait une chance. Aujourd’hui, nous documentons cette honte pour que le monde voie la réalité de ce simulacre.» Malgré l’ampleur du désastre, l’opposant, habitué à la compétition, justifie sa participation : « Ne pas participer, c’est s’interdire de critiquer. Nous sommes là pour vivre, documenter et combattre.»

Par Alpha A. Diallo

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