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Hafia célèbre le centenaire d’Elhadj Alpha Oumar Diallo, le patriarche généreux

Dans le bourdonnement incessant de la capitale Conakry, là où le train-train quotidien se mêle à la ferveur feutrée de ce mois béni de Carême et de Ramadan, une ambiance bon enfant baigne le quartier Hafia-mosquée ce mardi 10 mars 2026. Loin des turbulences politiques et des éloges de circonstance, le populo s’est donné rendez-vous pour célébrer le centenaire d’Elhadj Alpha Oumar Diallo.

Né le 10 mars 1926, ce doyen vénérable se dresse comme un témoin privilégié de notre histoire contemporaine et un acteur infatigable du vivre-ensemble, ayant consacré un siècle d’existence au service d’autrui. Malgré le poids des décennies, Elhadj Alpha Oumar Diallo défie le temps avec une vigueur impressionnante. « Il se déplace d’un pas alerte, sans l’aide d’aucune canne, pour s’acquitter de ses obligations religieuses avec une ferveur qui force le respect », témoigne avec une joie non dissimulée l’écrivain Thierno Seydou Bayo, son voisin depuis plus de trois décennies.

Toutefois, au-delà de sa vitalité remarquable, c’est sa munificence qui marque durablement les esprits. Sans jamais s’enorgueillir d’une quelconque fortune, il a su transformer ses biens personnels en un véritable patrimoine communautaire. « Son forage professionnel constitue à cet égard un modèle de bienfaisance, car il désaltère quotidiennement de nombreuses familles privées d’eau potable », assure M. Bayo, ancien Directeur de la communication de la CENI (Commission électorale nationale indépendante).

Loin des installations de fortune, ajoute-t-il, « ce dispositif offre une distribution personnalisée et rigoureuse, témoignant d’un humanisme nourri par une sagesse organisationnelle hors du commun ».

Populaire malgré lui

Autour de lui, ses enfants s’investissent avec bonheur pour pérenniser ce legs de bonté, tandis que les concitoyens se joignent à cet élan pour saluer un sens du voisinage qui confine à l’apostolat. En ce jour de fête, le citoyen lambda de Hafia-mosquée s’exprime avec la sincérité du cœur.

La ferveur qui entoure ce centenaire est d’autant plus significative qu’elle émane d’une population qui, d’ordinaire, ne réserve aucun éloge aux « Crésus » égoïstes, préférant ignorer l’opulence qui ne sait pas se partager. « Ici, c’est l’homme de bien que l’on honore », lance, unanime, le populo de Hafia.

Au-delà de cet âge canonique, c’est un vibrant témoignage de solidarité que la communauté des voisins célèbre, là où les barrières sociales s’effacent devant la grandeur d’un bienfaiteur qui a fait de la générosité le moteur souverain de sa vie.

Au bout du compte, ce centenaire qui fuit les honneurs se retrouve populaire malgré lui. Il est porté par la gratitude d’un quartier qui voit en lui un patriarche protecteur, dont la bienveillance embrasse tous ses voisins, par-delà les origines et les clivages sociaux.

Par Thierno Ousmane

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