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À cœur ouvert : Monsieur le Président, le temps de la Nation doit désormais succéder au temps des urnes

Monsieur le Président de la République, Général Mamadi Doumbouya. À l’instant solennel où les résultats provisoires proclamés par la Direction Générale des Élections (DGE) confirment votre élection à la magistrature suprême, je vous adresse ces mots non comme un partisan, mais comme un fils de la Guinée. Je m’exprime en tant que citoyen habité par l’amour de son pays et par l’espérance d’un destin commun enfin réconcilié.

Le poids d’une adhésion populaire historique

Les chiffres annoncés par la DGE sont sans équivoque : avec 86,72 % des suffrages exprimés, votre victoire, bien que sous réserve de la validation par la Cour Suprême, traduit un soutien populaire massif. Ce plébiscite n’est pas qu’une simple validation électorale ;c’est une force politique immense qui vous confère une légitimité historique, mais aussi une responsabilité écrasante. Ce suffrage marque un tournant. Il n’est pas seulement l’aboutissement d’un parcours ; il est, pour des millions de Guinéennes et de Guinéens, un appel pressant à l’unité, à la réparation et à la refondation morale de notre Nation.

L’exercice du pouvoir qui s’ouvre devant vous doit être orienté dans le même sens que cet élan populaire : avec force, clarté et bienveillance. Vous avez souvent désigné la Justice comme la « boussole » de l’action publique. Aujourd’hui, cette boussole est entre vos mains, et le peuple observe avec gravité la direction qu’elle indique.

La Justice, clé de voûte de la stabilité

Monsieur le Président, la Guinée a trop souffert de ses fractures. Elle aspire désormais à être aimée, protégée et servie avec constance. Gouverner notre pays aujourd’hui exige une œuvre qui dépasse la simple gestion administrative : il s’agit de restaurer un contrat de confiance. C’est soigner les blessures invisibles, tendre la main à ceux qui doutent encore, et redonner une dignité à ceux qui ont perdu espoir.

Nous attendons de vous un leadership rassembleur, qui élève la justice au rang de principe sacré. Une justice qui rassure, qui répare et qui libère. Car sans une équité réelle, l’unité demeure fragile, et sans unité, tout progrès n’est qu’une illusion passagère.

La paix des cœurs et l’apport de la Diaspora

La Guinée de demain ne pourra se bâtir sans la paix des cœurs. Les familles éprouvées, les exilés et les citoyens de toutes nos régions attendent des gestes courageux et symboliques. Réconcilier la Nation, c’est remettre l’humain au centre de chaque décision républicaine.

Dans cet élan, la diaspora guinéenne, dont je suis issu, se tient prête. Riche de son expertise internationale, elle ne demande ni privilèges ni faveurs. Elle aspire simplement à devenir un partenaire stratégique de l’émergence nationale. Elle veut être ce bras technique, intellectuel et financier capable de transformer nos ambitions en réalités tangibles, dans un esprit de loyauté et de responsabilité.

Un rendez-vous avec l’Histoire

En vous félicitant pour cette élection, je formule le vœu que votre mandat soit celui de la réconciliation sincère et de l’intérêt supérieur de la patrie. Que l’histoire retienne de vous l’image d’un homme d’État qui a su écouter les murmures de son peuple autant que les impératifs de la modernité. La Guinée est une. Elle est notre bien commun. Aimez-la, servez-la, et elle vous le rendra par la paix, la dignité et la grandeur. Avec respect, espoir et engagement citoyen, Daouda Conté

Par Daouda Conté,
analyste et citoyen engagé

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