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Philip Assis, visage et voix de la diplomatie américaine en Afrique francophone : « Nous souhaitons être le partenaire de choix »

En direct de New York et depuis les reliefs du Fouta-Djalon, le porte-parole francophone de la diplomatie américaine, Philip Assis, a accordé une entrevue exclusive au Populaire. Virage commercial, enjeux sécuritaires à l’ONU et appui aux médias. Tour d’horizon des priorités de Washington en Afrique francophone.

En marge de la 81e session de l’Assemblée générale des Nations Unies à New York, la politique étrangère américaine suscite une attention particulière sur le continent africain. C’est dans ce contexte d’effervescence diplomatique qu’un échange chaleureux s’est noué. A savoir, un entretien exclusif accordé le 23 septembre 2026 via WhatsApp au journal Le Populaire, alors que notre équipe sillonnait les reliefs escarpés du Fouta-Djalon. Un massif que Philip  Assis connaît bien, lui qui salue régulièrement le climat accueillant de la région ainsi que la courtoisie de ses habitants. Le diplomate offre ainsi un éclairage direct et institutionnel sur la grille de lecture américaine des grands enjeux contemporains.

Le Populaire : M. Philip  Assis, face à la progression de l’influence russe au Sahel, comment les États-Unis comptent-ils renforcer leur partenariat avec les pays côtiers comme la Guinée, la Côte d’Ivoire et le Sénégal ?

Philip Assis : C’est une situation qui concerne l’Afrique en général, l’ensemble du continent. La relation entre les États-Unis et l’Afrique demeure essentielle. Par exemple, le président Trump a rencontré onze chefs d’État africains dès sa première année à la Maison Blanche, ce qui témoigne de l’importance accordée à ce partenariat. Notre relation a évolué : nous sommes passés d’une logique d’aide à une dynamique axée sur le commerce et l’investissement.

Pour nous, il est crucial d’entretenir des liens forts dans le domaine de la sécurité. Cette semaine, lors de l’Assemblée générale de l’ONU, notre priorité a été d’encourager l’organisation et ses pays membres à se recentrer sur les fondements mêmes des Nations Unies : la paix et la sécurité. Selon nous, au cours des dernières années, l’ONU s’est parfois dispersée sur d’autres sujets éloignés de ces deux piliers centraux. Or, la paix et la sécurité restent fondamentales pour l’organisation et constituent le cœur de la relation entre les pays africains et les États-Unis.

Selon votre département, la désinformation anti-américaine progresse en Afrique francophone, notamment via TikTok. Quelles actions concrètes prévoyez-vous pour soutenir les médias indépendants dans cette zone ?

Tout d’abord, le principe fondamental pour nous reste la liberté d’expression. Personne ne peut être contraint d’exprimer des opinions favorables aux États-Unis. Concernant notre appui aux médias, nous misons beaucoup sur la formation et le renforcement des compétences. Nous proposons notamment des programmes d’échanges professionnels réunissant des journalistes africains et du monde entier avec des journalistes américains pour échanger sur le professionnalisme. Pour nous, disposer d’une diversité d’opinions est le symbole même d’une démocratie en bonne santé.

Les États-Unis sont présents en Guinée depuis les années 1960 avec Alcoa au sein de la CBG pour la bauxite, et plus récemment avec Ivanhoe Atlantic pour le fer. Aucune raffinerie d’alumine américaine n’est cependant opérationnelle à ce jour. Quelle est la position de Washington sur l’investissement dans la transformation locale ?

C’est une excellente question. Concernant les projets que vous mentionnez, les États-Unis accompagnent les efforts de la Guinée pour devenir un moteur de croissance régionale et appliquer les normes les plus élevées. Les entreprises américaines apportent avec elles de hauts standards commerciaux, sociaux et environnementaux.

Sur la question de la transformation industrielle, nous souhaitons être le partenaire de choix dans le commerce. Nous proposons une relation ouverte et transparente dont chacun peut constater les retombées positives sur l’économie. En Guinée comme dans toute l’Afrique, où la population est très jeune, notre priorité absolue est la création d’emplois pour la jeunesse. La meilleure façon d’y parvenir est de bâtir un tissu économique et commercial dynamique.

Voilà qui est dit !

De New York aux reliefs du Fouta-Djalon, cet échange réaffirme la volonté de Washington de consolider un partenariat fondé sur la transparence, la sécurité et la croissance économique. Un message clair adressé aux acteurs et à la jeunesse d’Afrique francophone.

Réalisée par Alpha A.Diallo

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