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72Heures du Livre 2026 : diplomatie, innovation audio et sacre littéraire au cœur de l’événement

L’événement de cette année s’élance officiellement au Centre culturel franco-guinéen. Il devient un véritable carrefour de l’innovation où le livre audio effectue une percée spectaculaire. En parallèle, le festival consolide ses alliances internationales, de l’Ambassade d’Italie au Centre Américain. Tenez-vous bien ! Le livre audio est la grande révolution de cette édition 2026 !

Longtemps perçu comme un gadget technologique, le livre audio s’installe durablement dans les habitudes de consommation culturelle en Guinée. Deux publics, aux antipodes, portent cette croissance. Les jeunes délaissent les écrans vidéo pour s’immerger dans des récits sonores, facilitant l’accès aux classiques et aux auteurs locaux.

Pour les aînés, l’audio marque le retour au plaisir de «l’écoute du conte», palliant parfois les difficultés visuelles et renouant avec la tradition orale guinéenne sous un format numérique. Avant même le lancement officiel, l’événement a pris ses quartiers au Centre Américain de l’ambassade des États-Unis le 22 avril.

Sous le thème «Raconter le monde depuis Conakry», la Chargée d’Affaires, Mary E. Daschbach, a célébré la vitalité de la jeunesse. L’ambassade, partenaire historique des 72Heures du Livre, a d’ailleurs marqué son soutien par un don de 150 ouvrages de la collection Nouveaux Horizons.

L’Ambassade d’Italie, à l’honneur cette année, ainsi que les débats au centre culturel Bassikolo situé en face du Palais du peuple, ont enrichi l’événement. Le point d’orgue de cette édition 2026 demeure, sans conteste, la remise solennelle du Grand Prix Littéraire du Président de la République. Véritable consécration, cette distinction magnifie l’engagement intellectuel et cristallise la volonté politique des autorités de la Ve République de hisser la culture au rang de priorité nationale.

Le palmarès reflète la densité de la création. Le prestigieux trophée est décerné au doyen Lamine Kapi Kamara pour son œuvre « Nottougol ou l’épreuve de la virginité », un roman engagé explorant les complexités des pratiques traditionnelles. Il est suivi de Raymond Bamane, deuxième prix pour « Les Lumières de Lampedusa », et de l’honorable Yamoussa Sidibé, qui complète le podium avec « Les écumes de la rancœur ».

Un Prix Spécial a également été attribué au Commandant Moriba Dantily Keita pour son texte mémoriel « Les soupirs de la vérité ». Au-delà du titre honorifique d’Ambassadeur du livre, ces lauréats se partagent une dotation historique de 500 millions de francs guinéens, symbole d’une reconnaissance d’État sans précédent. En signe de réciprocité, la Panafricaine des écrivains remet une médaille au Président de la République, S.E. Mamadi Doumbouya pour saluer son soutien indéfectible à la promotion de la lecture.

Sous l’égide de Sansy Kaba Diakité, commissaire général, l’événement bénéficie d’une résonance médiatique exceptionnelle grâce à la coordination de Jean-Célestin Edjangué. Sociologue, journaliste et écrivain de renom, ce dernier met son expertise au service de la communication des 72Heures du Livre. Il orchestre avec brio le rayonnement de cette 18e édition. Le succès est total lors des échanges de haut niveau au Centre américain de Conakry. Ces débats sont modérés par Mme Madeleine Tapé, Directrice des American Corners de Guinée.

Le festival a ainsi rassemblé un prestigieux parterre d’invités, dont la chercheuse française Elara Bertho, venue enrichir les débats sur les récits contemporains. Aux côtés de personnalités diplomatiques telles que Mary E. Daschbach, Chargée d’Affaires des États-Unis, le public a pu côtoyer des figures de la vie publique guinéenne, venues soutenir l’éclosion de jeunes talents comme Mariame M’Boh et Adama Kadé Touré.

Pour l’équipe organisatrice, cette distinction couronne une épopée culturelle entamée en 2006, œuvre d’utilité publique qui s’évertue à démocratiser le savoir depuis près de deux décennies. Les lampions s’éteignent ce samedi 25 avril au soir sur l’Espace Bassikolo. Mais le rideau ne tombe pas vraiment. Conakry conforte son rang de capitale incontestée du livre en Afrique.

Entre les pages qui se tournent et les voix qui résonnent dans les casques, la cité du savoir prouve que la culture est une fête qui ne dort jamais. La jeunesse guinéenne repart des rêves plein la tête et des livres plein les mains.

Par Tidiane Diallo

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