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La Guinée avant tout

L’autre jour, je m’envolais vers l’Éthiopie, cette terre pour laquelle je voue un attachement viscéral. De retour d’Addis-Abeba, je demeure encore imprégné de cette familiarité déconcertante qu’exhalent l’histoire et la culture éthiopiennes.

Ce séjour, bien que fugace, fut une immersion aux sources mêmes de l’humanité, un véritable voyage mémoriel d’une rare densité. Pourtant, mes racines plongent dans le sable éternel du Sinaï, ce nom dont l’écho traverse les millénaires, ayant bravé les sédimentations linguistiques pour demeurer immuable, fidèle à son essence originelle.

Ce périple éthiopien a résonné en moi comme un retour aux sources, mais il a surtout cristallisé une certitude : la grandeur d’une nation germe d’abord dans la conscience aiguë de son identité. Cette force du nom et de l’histoire est précisément le ciment que nous devons consolider aujourd’hui.

Au-delà des généalogies, une boussole unique doit désormais orienter nos pas. C’est la Guinée avant tout. Pour porter ce Branding national et restaurer la stature naturelle de notre pays, trois piliers fondamentaux doivent désormais fédérer les républicains, les patriotes et les démocrates de tous horizons – qu’ils soient Gens du Livre ou gardiens de nos spiritualités ancestrales.

Nos ressources et nos institutions constituent un legs sacré. Les pères fondateurs, héritiers des royaumes d’ici et d’ailleurs, nous ont transmis un impératif que l’on nomme patriotisme. Ils nous enseignent que protéger chaque arpent de notre sol et chaque denier public exige la même ferveur que celle que nous vouons à nos trésors familiaux les plus chers. La patrie, nous rappellent-ils, renaît dès lors que l’intérêt général triomphe enfin des appétits individuels.

À l’instar de ce Sinaï qui a préservé son âme contre vents et marées, la Guinée doit puiser sa puissance dans sa pluralité. Nos différences ne sauraient être des frontières. Elles sont les fibres entrelacées d’un même tissu national. Respecter l’autre dans sa foi ou son  origine. Et c’est consolider le socle de notre maison commune, cette Guinée née le 2 octobre 1958, vivante aujourd’hui et rayonnante demain.

Dès lors, nous nous devons d’arborer le label Guinée avec panache. Pour ce faire, il nous faut déclarer une guerre sans merci à la médiocrité. Que l’on soit artisan, paysan, journaliste, éditeur de presse,  ou décideur, chaque geste doit viser l’excellence.

Les bâtisseurs de notre pays nous rappellent que c’est par la qualité de notre labeur que nous imposerons le respect au reste du monde. En quittant Addis-Abeba, cette capitale debout depuis l’aube des temps, j’ai compris que les grandes nations sont celles qui s’estiment assez pour ne jamais se déchirer. Cette fierté m’impose un ultime commandement. Celui de chérir et mettre en avant, par-dessus tout, la Guinée. J’ai dit.

Par Alpha Abdoulaye Diallo in Le Populaire du 26 janvier 2026

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