Il me paraît nécessaire, en tant qu’acteur politique de contribuer au débat qui domine notre actualité politique à travers ce texte, qui est un plaidoyer visant à expliquer et à défendre l’initiative du Premier ministre qui appelle à rejoindre le projet politique « Génération pour la Modernité et le Développement » (GMD).
L’appel du Premier Ministre est une main tendue qui, selon moi, devrait être perçue comme un geste d’ouverture, de dialogue et de rassemblement, et non comme une menace. Pourtant, cette initiative a suscité critiques et suspicions, certains y voyant une tentative de retour au parti unique ou à un système autoritaire.
A mon avis, ces réactions sont excessives, infondées et mal intentionnées, à plus d’un titre. L’appel du Premier ministre repose essentiellement sur des valeurs positives : solidarité, unité nationale et co-construction politique. Il ne s’agit ni d’une stratégie de domination ni d’un projet de confiscation du pouvoir, mais d’une invitation à travailler ensemble pour l’avenir du pays. L’histoire politique guinéenne : une page morcelée et conflictuelle.
Notre histoire politique pourrait fournir quelques explications, raisons ou motifs sur ce qu’on pourrait appeler un manque de bonne foi face à la volonté d’ouverture politique assumée du premier Ministre Amadou Oury Bah. Si nous revenions sur les politiques antérieures, marquées par des divisions idéologiques, des luttes de pouvoir et des tensions après l’indépendance, nous cernerions autrement les faits sans, pour autant, expliquer les mauvaises intentions.
Si plusieurs mouvements se sont mobilisés pour l’indépendance, leurs visions politiques divergeaient fortement. Après l’accession à la souveraineté, le Parti Démocratique de Guinée (PDG) a instauré un système unitaire, au départ, mais il est devenu dominant, par la suite. Les fractures idéologiques ont conduit à des oppositions et à des répressions.
Ce passé pourrait expliquer pourquoi certains acteurs politiques craignent aujourd’hui le retour d’un Parti unique ou d’un « parti-État ». pire, d’un système politique à la Soviétique. Cependant, faudrait-il souligner que les contextes historiques évoluent : les générations changent, les systèmes politiques aussi. Il serait donc injuste de juger un projet contemporain uniquement à la lumière des erreurs du passé. La Guinée doit désormais se projeter vers l’avenir et adapter son modèle politique aux réalités actuelles.
Telle est, à mon avis, le bien-fondé de l’initiative du premier Ministre et du Président de la République. L’appel à la co-construction de la GMD : ouverture politique et intergénérationnelle Les idéologies héritées des indépendances, notamment socialistes ou communistes, sont aujourd’hui dépassées. Les partis politiques inspirés de ces modèles n’ont pas permis au pays africains d’atteindre un développement suffisant.
La Guinée a tiré les leçons et traversé des périodes d’instabilité, alternant régimes civils et militaires, ce qui a freiné son progrès. La transition récente a ouvert une nouvelle dynamique politique et suscité des espoirs, notamment avec les perspectives électorales à venir. Dans ce contexte, la création de la GMD apparaît comme une réponse aux attentes d’une nouvelle génération et comme une tentative d’ouverture politique plus large, dépassant les clivages traditionnels.
Il s’agit d’un projet moderne, pragmatique et tourné vers la reconstruction nationale. Les textes statutaires renforcent ce point de vue qui, loin d’être partisan, se veut réaliste et objectif. L’appel du Premier ministre : inspiration d’une vision d’avenir. La Mission confiée au Premier Ministre d’implanter la GMD ne devrait pas être vue sous la loupe d’intérêts partisans.
Elle repose sur la relation de confiance et de vision partagée entre le président Mamadi Doumbouya et monsieur Bah Oury. La désignation et la reconduction du Premier ministre ne sont pas le fruit du hasard, mais résultent d’un choix réfléchi fondé sur le pragmatisme, la loyauté et la vision politique commune.
Les deux hommes partagent, en toute vraisemblance, une ambition de réforme et de reconstruction du pays. Le projet GMD serait donc l’expression d’une stratégie politique cohérente, et non une manœuvre opportuniste ou personnelle. L’idée qu’entretiennent certains acteurs politiques que ce projet viserait à concentrer le pouvoir est infondée, basée sur des appréhensions d’un retour à un passé politique à jamais révolue. Par conséquent, il faudrait voir dans ce projet, une volonté de bâtir une nouvelle étape politique adaptée au XXIᵉ siècle.
Plaidoyer pour une co-construction unitaire et diversifiée La GMD est un Parti politique à vocation libérale et panafricaine, sans intention d’imposer une domination exclusive sur la scène politique guinéenne. Il n’entend aucunement rétablir un Parti unique ni d’écraser l’opposition. Au contraire, l’adhésion est volontaire, transparente et respectueuse des règles politiques.
Les partis existants ont la vocation, la latitude de choisir librement de s’allier, de fusionner ou de rester indépendants. Le cas de l’Union pour le Développement et la Renaissance de la Guinée (UDRG) est un exemple. L’objectif principal de la GMD, le fondement de sa philosophie politique, c’est de favoriser l’unité nationale tout en respectant la diversité des opinions et des sensibilités politiques. L’unité ne signifie donc pas uniformité, c’est la conjugaison des talents, des expériences et des visions pour une Guinée du futur. Consolider le projet, poursuivre le débat, dénoncer les tentatives de sabotage.
Pour terminer ce plaidoyer, j’en appelle à la poursuite d’un débat politique franc et transparent sur les modalités d’organisation de la GMD : alliances, fusions ou coopérations. Toutefois, je mets en garde contre certaines manœuvres politiques de sabotage et de manipulation, visant à discréditer le projet en faisant croire à une récupération forcée ou à des intégrations abusives. J’insisterais sur la nécessité d’un franc jeu pour ouvrir une nouvelle page politique en Guinée. Chacun reste libre d’accepter ou de refuser la « main tendue » du Premier ministre.
L’essentiel est que cette décision se fasse dans la transparence, la décence et, sans accusations infondées ni stratégies déloyales. La GMD pourrait être une opportunité de refonder la vie politique
guinéenne autour d’un projet d’unité dans la diversité, et non comme une menace de retour à l’autoritarisme. Dans cette perspective, certains acteurs politiques guinéens doivent penser à cesser les jeux d’égos et d’être à la hauteur des enjeux de notre époque.
Par Lamarana Petty Diallo
lamaranapetty@yahoo.fr