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Lutte acharnée entre réformateurs et aile dure au sein de l’UFDG : deux visions, un seul avenir

L’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG), principal parti d’opposition du pays, traverse actuellement une lutte interne décisive qui pourrait redéfinir son avenir politique. Cette période tumultueuse est marquée par des affrontements idéologiques entre deux factions distinctes : les réformateurs, dirigés par Ousmane Gaoual Diallo, et l’aile dure, fidèle à Cellou Dalein Diallo. Comme le dit l’adage, « rira bien qui rira le dernier », mais dans ce duel, à l’intérieur comme à l’extérieur de l’UFDG, qui aura réellement le dernier mot ? Analyse.

Réformateurs inflexibles

Les réformateurs, à l’avant-garde de cette transformation, aspirent à moderniser le parti en établissant un dialogue constructif et en participant à la gouvernance aux côtés du régime du général Mamadi Doumbouya. Leur approche pragmatique, visant à ancrer le parti dans les réalités politiques contemporaines, s’accompagne d’un désir de renouveau sous le leadership du ministre Ousmane Gaoual Diallo. Ce dernier s’entoure de figures comme Lamarana-Petty Diallo, président du CERAG-UFDG, ainsi que Souleymane Bah, Thierno Madiou Bah, Tanou Diallo de Paris et Bano Diallo de Dakar.

En faisant le choix d’une certaine collaboration avec l’actuel régime, plusieurs membres de ce groupe cherchent à pacifier les relations avec l’administration centrale. Cette démarche pourrait leur permettre d’éviter l’isolement du parti et d’assurer sa pertinence dans le paysage politique.

Résistants, opposés à tout compromis

À l’opposé, l’aile dure reste fermement ancrée dans une opposition résolue. Son engagement en faveur de la résistance face au pouvoir en place traduit une volonté de ne pas céder à des compromis jugés inacceptables. Cette faction, qui gravite autour de figures emblématiques comme Kalémodou Yansané, Dr Fodé Oussou Fofana et Bano Sow, prône une ligne de conduite plus combative, prête à lutter contre ce qu’elle perçoit comme une menace pour la démocratie et les droits des citoyens.

Leur détermination à adopter une posture d’affrontement risque d’accroître les tensions internes et d’exposer le parti à un isolement accru, surtout si la nouvelle constitution renforce les pouvoirs du général Doumbouya. Il est également pertinent de rappeler que Cellou Dalein Diallo, leader emblématique de l’UFDG, avait, peu après le coup d’État du 5 septembre 2021, accueilli favorablement le renversement du régime d’Alpha Condé. Il affirmait alors que « cette action était une nécessité pour mettre fin à un long cycle d’injustices et de violations des droits humains. » Cette position, bien que stratégique à l’époque, a contribué à accentuer les divisions au sein du parti.

De son côté, Ousmane Gaoual Diallo, aujourd’hui porte-parole du gouvernement, défend la posture actuelle du régime issu de ce putsch. Il a récemment déclaré que « le processus de transition amorcé par le CNRD (Comité National du Rassemblement pour le Développement) est un gage de stabilité et d’ouverture politique », soulignant que le gouvernement s’engage à œuvrer pour le bien-être du peuple guinéen et à établir des conditions propices à un dialogue inclusif.

Le récent arrêt du tribunal de première instance de Dixinn, suspendant les congrès prévus par ces factions antagonistes, témoigne des fractures qui minent l’UFDG. Cette décision judiciaire illustre l’impasse actuelle et les difficultés que le parti rencontre dans sa quête de cohésion interne.

Une bataille cruciale pour l’avenir de l’UFDG

À l’approche d’échéances électorales cruciales, le choix entre réforme et confrontation s’impose comme un enjeu central pour l’avenir de l’UFDG. Les réformateurs pourraient tirer parti de leur volonté d’adaptation pour séduire un électorat en quête de stabilité et de dialogue. À l’inverse, l’aile dure pourrait capitaliser sur le désir d’une opposition forte et déterminée face à un régime perçu comme autoritaire.

L’avenir de l’UFDG dépendra largement de la capacité de ses membres à trouver un équilibre entre ces deux visions. Si les réformateurs parviennent à imposer leur approche et à rallier une majorité autour d’un projet commun, le parti pourrait renforcer sa position sur la scène nationale et jouer un rôle constructif dans la politique guinéenne. En revanche, si l’aile dure maintient son influence et mobilise ses partisans autour d’un discours de résistance, l’UFDG risque de se retrouver marginalisé, compromettant ainsi son rôle dans la vie politique du pays.

Face à des défis croissants, tant internes qu’externes, le parti doit impérativement s’unir pour éviter de se fragmenter davantage et de compromettre sa position d’opposition dans un contexte politique en pleine mutation.

Par Malal Diallo

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