À l’approche de l’investiture du Président Mamadi Doumbouya, prévue ce 17 janvier 2026, le porte-parole du gouvernement, Ousmane Gaoual Diallo, vient de rompre avec la rhétorique habituelle de fermeté. En suggérant une mesure de grâce, il dessine les contours d’une nouvelle ère placée sous le signe de l’apaisement politique.
Tout commence sur les ondes de RFI. Interrogé par le journaliste Christophe Boisbouvier sur le sort d’Aliou Bah, leader du MODEL incarcéré depuis plus d’un an pour « offense et diffamation envers le chef de l’État », le ministre des Transports a surpris l’audimat ce 9 janvier 2026.
En effet, là où l’on attendait une réponse protocolaire sur l’indépendance de la justice, le ministre a préféré porter un message de fraternité, en affirmant « J’espère qu’il y aura une clémence. C’est un jeune acteur politique. Nous souhaitons que le président de la République soit clément et qu’un geste soit fait à son endroit parce que pour lui, au moins, le procès est passé, le jugement a été acté et ce serait quelque chose de formidable pour nous que le président puisse accéder et faire un geste de clémence dans ce sens.»
Pour le ministre Diallo, cette position s’appuie sur une logique claire. Selon laquelle, une fois le temps des tribunaux épuisé et le jugement acté, doit succéder celui de la magnanimité.
En qualifiant l’opposant Aliou Bah qu’il connaît, de « jeune acteur politique » dont l’avenir ne doit pas être sacrifié, le Porte-parole du gouvernement humanise le débat et tente de hisser l’intérêt national au-dessus des joutes idéologiques.
Cette sortie médiatique du ministre Ousmane Gaoual Diallo intervient, par ailleurs, dans un contexte charnière de retour à l’ordre constitutionnel. En invoquant la grâce présidentielle, il rappelle opportunément que si la justice est un pilier de l’État, le Chef de l’État demeure, quant à lui, le garant suprême de l’unité nationale et le recours ultime pour la concorde sociale. Et de l’avis de nombreux analystes, ce geste s’apparente à une main tendue stratégique.
L’objectif est double. Il s’agit de prouver que la nouvelle ère politique est guidée par l’apaisement plutôt que par la sanction systématique, tout en préservant le respect dû aux institutions judiciaires. Dès lors, une telle solution politique constituerait un signal formidable pour l’image du régime Doumbouya.
En surfant ainsi la voie du dialogue, Ousmane Gaoual Diallo magnifie le message de bienveillance, émanant du sommet de l’État, qui suggère que malgré les tensions persistantes, le fil du dialogue n’est jamais totalement rompu.
En dernière analyse, l’espoir est désormais permis de voir cet appel à la clémence trouver un écho favorable auprès du Président Doumbouya. Car, dans la perspective d’un apaisement durable, la liberté de tous les fils du pays, y compris les plus critiques, apparaît désormais comme une condition sine qua non de la vitalité démocratique.
Par Racine Dieng