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Jesse Jackson, le dernier des géants des droits civiques, tire sa révérence !

À Chicago, entouré des siens, le vieux lion a perdu son ultime combat contre la maladie de Parkinson. Une disparition qui intervient en plein Mois de l’histoire afro-américaine, comme un dernier clin d’œil du destin à l’héritage colossal qu’il laisse derrière lui.

Rien ne prédestinait le gamin de Greenville, né d’une mère adolescente dans la précarité de la Caroline du Sud ségrégationniste, à devenir le conseiller des présidents. Pourtant, celui qui fut le bras droit de King au balcon du Motel Lorraine à Memphis, ce 3 avril 1968, a passé plus de soixante ans à briser les plafonds de verre. Orateur de génie, il n’était pas seulement un héritier ; il était un précurseur, un continuateur acharné, toujours debout alors que les balles et les années fauchaient ses frères de lutte.

L’architecte de la «Rainbow Coalition»

En 1984 et 1988, par ses campagnes présidentielles historiques, il a réveillé l’Amérique profonde.
En inventant la « Rainbow Coalition » (la coalition arc-en-ciel), Jesse Jackson a réussi le tour de force de rassembler sous une même bannière les minorités, les femmes et les travailleurs pauvres. Il n’a pas seulement bousculé le Parti démocrate, il l’a réinventé.

Grâce à son audace, les barrières ont sauté : en 1989, une vague historique portait David Dinkins à la mairie de New York, Douglas Wilder au gouvernorat de Virginie et Norm Rice à Seattle.
Sans les coups de boutoir de Jesse, la route vers Grant Park n’aurait jamais été balisée pour un certain Barack Obama. On se souviendra longtemps de ses larmes de joie, ce soir de novembre 2008, voyant enfin le rêve de King devenir réalité.

Une icône universelle tire sa révérence

Aujourd’hui, c’est l’une des dernières voix historiques des droits civiques qui s’éteint. Mais au-delà des frontières américaines, c’est une figure de la liberté que le monde entier salue.
De la lutte contre l’apartheid aux médiations internationales, Jesse Jackson aura été de tous les fronts où l’égalité était menacée. L’homme s’en va, mais le cri de ralliement de ses partisans résonne encore : « Keep Hope Alive ! » (Gardez l’espoir vivant).

Sa disparition survient alors que les Américains et leurs amis du monde entier célèbrent le Black History Month. Ce mois de février fut historiquement choisi car il coïncide avec les dates de naissance de deux figures de la lutte pour la liberté, à savoir Abraham Lincoln, né le 12 février, et Frederick Douglass, né le 14 février. Avec le départ de Jesse Jackson, une voix immense s’éteint et il va cruellement nous manquer..

Par Gordio Kane
(Avec sources et agences)

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