CONAKRY – Alors que la Guinée célèbre son retour effectif à l’ordre constitutionnel, l’heure est au bilan pour les institutions qui ont jalonné cette transition. Parmi les figures marquantes, l’honorable Ibrahima Sorel Keita, qui a présidé la Commission des Affaires Étrangères au Conseil National de la Transition (CNT), s’impose comme l’artisan majeur d’une diplomatie guinéenne rénovée et d’un lien indéfectible avec la diaspora.
Un Pont entre l’Expatriation et la République
Le parcours d’Ibrahima Sorel Keita illustre parfaitement la réussite de l’intégration des cadres de la diaspora dans l’appareil d’État. Ce juriste de formation, longtemps engagé dans la défense des droits de l’homme en Europe, a su transformer son expertise internationale en un levier de refondation nationale. Son action à la tête d’une commission régalienne a prouvé que la diaspora n’est pas seulement un soutien financier, mais un réservoir de compétences politiques essentielles à la stabilité républicaine.
La Protection des Guinéens de l’Étranger comme Priorité
Sous sa direction, la diplomatie parlementaire a cessé d’être abstraite pour devenir humaine. Ibrahima Sorel Keita a placé la protection des migrants et la dignité des Guinéens de l’extérieur au centre de l’agenda législatif. De la gestion des crises migratoires à la sensibilisation sur les enjeux de mobilité, il a porté la voix de ceux qui vivent loin du pays, s’assurant que la nouvelle architecture constitutionnelle leur garantisse une place et une protection irréversibles.
Une Diplomatie de Souveraineté et de Résultats
Le bilan de l’honorable Keita est celui d’une rigueur inflexible. Lors des examens budgétaires, il a plaidé sans relâche pour une montée en puissance de nos représentations diplomatiques, convaincu que le rayonnement de la Guinée dépend de sa capacité à projeter une image de stabilité et de sérieux.
Grâce à son leadership, de nombreux accords de coopération internationale ont été renégociés ou facilités dans l’intérêt supérieur de la nation. Qu’il s’agisse de partenariats techniques ou de dialogues avec les organisations régionales, Sorel Keita a veillé à ce que la Guinée réintègre le concert des nations avec une voix forte, souveraine et respectée.
L’Héritage d’une Transition Réussie
Aujourd’hui, alors que les institutions démocratiques reprennent leur plein exercice, l’héritage d’Ibrahima Sorel Keita demeure. Il laisse derrière lui une diplomatie parlementaire structurée et un cadre législatif qui sanctuarise le rôle de la diaspora. Pour l’observateur de la vie socio-politique, son action témoigne d’une transition qui n’a pas seulement passé le temps, mais qui a bâti des fondations solides pour la nouvelle République.
Toute fois, une interrogation subsiste chez certains observateurs de la société civile : l’exigence des dossiers législatifs et la solennité de l’hémicycle n’auraient-elles pas, par la force des choses, créé une distance entre le citoyen engagé d’autrefois et sa base ? Si son efficacité institutionnelle est saluée, la question de savoir si l’élu a su préserver cette proximité organique avec ses concitoyens reste au cœur des débats. Est-ce le prix inévitable de la transition vers de hautes responsabilités étatiques, ou un équilibre encore à trouver pour ce défenseur des droits de l’homme devenu homme d’État ?
En réconciliant l’expertise de l’étranger avec les réalités du terrain, Sorel Keita a démontré que le retour à l’ordre constitutionnel était aussi l’occasion de réinventer le « Soft Power » guinéen.
Par Daouda Conte, Analyste socio-politique