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Ce serment scelle la fin de l’errance

Sous le ciel lourd de nos attentes, ce samedi, un bras va se lever. L’élu des urnes du 28 décembre 2025 va prendre la parole. Ce 17 janvier, la main posée sur le texte sacré de la Constitution, le premier serment du septennat va retentir.

Ce cri de l’âme scelle la fin de l’errance. C’est le bâton du nouveau guide qui frappe le sol, marquant avec force le terme de l’incertitude. C’est le signal du départ pour nous tous, militants de la démocratie, trop longtemps confinés dans l’ombre de régimes iniques, autoritaires, corrompus et si peu respectueux des droits de l’homme et du citoyen.

Ce samedi, sous le sceau de la solennité, le nouveau guide du pays jure de nous mener vers cette Terre promise qu’est la démocratie. Mais que l’on ne s’y trompe pas ! Notre Canaan ne descendra pas du ciel comme une manne providentielle. Il s’arrache. Il se bâtit. Il se défend. Car, des pavés de Paris aux parvis de Westminster jusqu’aux institutions de Washington, l’histoire nous l’enseigne que la démocratie n’est jamais un acquis définitif. Elle est une conquête de chaque instant. Même sous les cieux les plus anciens, elle demeure une Terre promise à reconquérir sans relâche.

Ce septennat qui s’ouvre est donc un pont jeté au-dessus de l’abîme. Sept années pour bâtir. Sept années pour guérir. Car, comme le dit la sagesse Djalonké, « on ne peut pas porter deux fardeaux à la fois sur la tête, mais on peut porter la vérité et la dignité. »

Et quand le nouveau pasteur prend à témoin l’Eternel, les citoyens et les mânes des ancêtres venus de toutes les contrées qui forgent l’âme de la Guinée, c’est une responsabilité écrasante qui repose désormais sur ses épaules. Il lui faudra porter en héritage la sagesse de Ba Mamadou.

Pour cet ancien haut fonctionnaire de la Banque mondiale qui fut aussi une figure de proue de notre vie politique et parlementaire, le pouvoir n’est pas une fin, mais un sacerdoce. Sa leçon nous rappelle que diriger un État de droit n’est pas régner, mais servir avec humilité. C’est se faire le rempart du citoyen le plus démuni pour qu’il ne tombe point en proie aux loups. Car, en dernière analyse, la véritable mesure d’une gouvernance consiste à s’assurer que nul ne soit laissé sur le bord du chemin poussiéreux de l’exclusion.

Ce serment nous rappelle une règle de vie immuable, car l’eau qui doit nous laver ne saurait être souillée par nos propres pieds avant d’avoir été puisée. En ce sens, il nous faut comprendre que la démocratie n’est pas un pâturage d’insouciance, mais plutôt une marche disciplinée et exigeante. C’est d’ailleurs à cette condition seule que pourront couler le lait et le miel de la République, afin que le fruit de notre labeur profite à tous, sans distinction aucune. Parce que nos voisins nous scrutent, mais surtout parce que l’histoire, elle, nous juge déjà. J’ai dit.

Par Alpha Abdoulaye Diallo in Le Populaire du 12 janvier 2026

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