À l’instar de chaque fille et de chaque fils de Mombéya, ce mercredi 4 mars 2026, mon âme est saisie d’une profonde sidération depuis l’annonce du rappel à Dieu d’Elhadj Mouctar Mombéya Diallo. Le choc est immense, à la mesure du vide qu’il laisse derrière lui. L’opérateur économique prospère, dont la réussite n’avait d’égale que son affabilité, s’en est allé.
Homme de foi aux convictions ancrées, il a achevé son parcours terrestre là où bat le cœur de l’Islam. Elhadj Mouctar était un apôtre de l’intérêt général, un homme de piété dont l’existence fut une offrande constante au bien-être de notre communauté. Sa disparition en Terre Sainte, en plein acte d’adoration et durant ce mois béni de Ramadan, vient sceller le destin d’une vie entière vouée au service de Dieu et de ses semblables.
Un héritier des valeurs du Filon du Bonheur Éternel
Parti accomplir le petit pèlerinage (Umra), Elhadj Mouctar a été frappé par une crise cardiaque à Djeddah. Selon son fils Mamadou Pathé Diallo, résidant à Paris, le défunt s’était envolé pour la Terre Sainte il y a à peine quarante-huit heures. Malgré une prise en charge immédiate, la volonté divine l’a rappelé à elle dès son arrivée à l’hôpital.
Au-delà de ses succès dans le monde des affaires, il incarnait cette symbiose rare entre réussite matérielle et dévotion patriotique. Il marchait avec humilité dans les sillons tracés par notre illustre arrière-grand-père, le grand érudit et poète Thierno Samba Mombéya.
Dans son œuvre magistrale intitulée Oogirde Malal (ou Le Filon du bonheur éternel), notre patriarche enseignait que la richesse n’a de sens que si elle irrigue le bien commun. Elhadj Mouctar avait fait sienne cette philosophie en refusant de voir son capital comme une fin en soi, préférant l’utiliser comme un levier pour le désenclavement et l’essor de son Mombéya natal.
Figure tutélaire du patriarcat, il fut le moteur de nombreux projets d’infrastructures et de solidarité en plaçant toujours l’intérêt général et l’éthique au centre de ses échanges. Il est resté ainsi fidèle à l’enseignement de nos ancêtres qui plaçaient le service de la communauté au-dessus de l’ambition personnelle.
A Conakry, depuis l’annonce de sa disparition, le domicile familial situé à Kissosso, dans la commune de Matoto, est devenu le point de ralliement d’une nation en deuil. Parents, collaborateurs et anonymes s’y recueillent en une procession silencieuse pour saluer la mémoire d’un homme qui, par sa sagesse et sa tempérance, avait su préserver l’harmonie sociale à Mombéya et, par ricochet, porter ce souffle de concorde à travers tout le Fouta-Djalon et la Guinée entière.
En ces heures de profonde affliction, j’adresse mes condoléances les plus émues à notre famille, à nos proches, à nos voisins, ainsi qu’à tous ceux qui ont eu le privilège de le côtoyer, de l’aimer ou d’œuvrer à ses côtés durant son existence exemplaire.
Que la terre de nos ancêtres, qu’il a tant chérie et servie avec abnégation, lui soit légère. Puisse-t-il, au terme de ce voyage sacré, trouver enfin son « Filon du bonheur éternel » dans la splendeur du Tout-Puissant.
Par Tidiane Diallo