Fort de son expertise dans les arts visuels et le design graphique narratif, Al Saad Wagué s’est bâti une solide réputation en tant qu’illustrateur. Son portfolio diversifié couvre la création de bandes dessinées, l’illustration de livres pour enfants, la conception de marques visuelles et l’animation pour des initiatives éducatives. Il a accepté de partager son expérience et sa vision créative avec les lecteurs de notre semainier.
Le Populaire : Qu’est-ce qui t’a poussé à devenir illustrateur de roman et bande dessinée, quels sont tes principaux inspirateurs ?
Al Saad Wagué : L’envie de raconter des histoires à travers des images m’a toujours habité. Très tôt, j’ai compris que l’illustration est un médium puissant pour transmettre des émotions, des valeurs et une mémoire collective. Je suis inspiré aussi bien par les grands maîtres du dessin africain comme Titeuf et Reza que par des studios comme Disney, Pixar ou encore par le travail de mangakas japonais. Je m’inscris dans cette vision où l’art devient un pont entre différentes cultures à travers nos histoires.
Quels sont tes projets actuels et futurs en tant qu’illustrateur, et comment vois-tu ton avenir dans le monde de la bande dessinée ?
Actuellement, je travaille sur plusieurs projets dont : – la réalisation d’un conte illustré pour les éditions L’Harmattan Guinée, – le développement d’une bande dessinée originale inspirée des mythes et réalités sociales de la Guinée, – ainsi qu’un projet d’exposition multidisciplinaire où je mêlerai illustration, peinture, design textile et animation 2D. À l’avenir, je souhaite que mes œuvres contribuent à positionner Conakry comme un pôle régional de création visuelle et d’animation, tout en développant une série d’ouvrages qui parlent de nos problématiques avec une esthétique universelle.

Comment décrirais-tu ton style d’illustration, et quels sont les thèmes que tu aimes aborder dans tes œuvres ?
Je décrirais mon style comme un mélange de réalisme stylisé et de narration graphique. Il est influencé par la culture africaine, les codes du manga et le design contemporain. Je m’intéresse à des thèmes comme l’identité, la transmission, les légendes africaines, la jeunesse, l’écologie et la technologie. Il m’importe que mes illustrations touchent le public tout en ouvrant des discussions.
Qu’est-ce que tu apprécies particulièrement dans le fait de travailler avec les éditions L’Harmattan Guinée, et comment vois-tu ta collaboration avec cette maison d’édition ?
Travailler avec L’Harmattan Guinée est pour moi une opportunité de pouvoir illustrer et mettre en forme des récits qui parlent de notre culture. Cette maison d’édition joue un rôle clé dans le développement de la littérature en Afrique francophone, et je suis fier de pouvoir y ajouter ma pierre artistique. J’espère que notre collaboration se développera davantage, notamment sur des séries de livres jeunesse innovants et des BD éducatives.
Quels conseils donnerais-tu aux jeunes qui souhaitent se lancer dans la carrière d’illustrateur de roman et bande dessinée, et comment as-tu réussi à développer tes compétences dans ce domaine ?
Je dirais : commencez dès maintenant, avec ce que vous avez. Travaillez votre style, soyez curieux, et partagez votre art même si vous pensez qu’il n’est pas encore parfait. Formez-vous en ligne, observez beaucoup, et inspirez-vous des autres sans vous comparer. Personnellement, c’est à force d’autodidaxie, de projets bénévoles, et de commandes que j’ai pu me développer. Aujourd’hui encore, je continue de me former, notamment en animation et graphisme, car ce métier évolue sans cesse.
Entrevue réalisée
par Tidiane Diallo