L’histoire d’Abdulrahman Ibrahima Ibn Sori, le prince du Fouta Djallon vendu comme esclave en 1788, est au cœur de l’actualité à Conakry. Ce 10 décembre, la Princesse Karen Chatman, sa descendante, a présenté son livre au Centre Américain. Et expliqué comment cet ouvrage et la nouvelle fondation «Root Nine» honorent l’esprit indomptable de ce souverain et perpétuent son combat pour la justice et l’espoir.
Le mercredi 10 décembre 2025, le Centre Américain de Conakry a eu l’honneur d’accueillir la Princesse Karen Chatman. Devant un auditoire composé d’étudiants, de journalistes attentifs et de responsables de l’Ambassade des États-Unis, elle a dévoilé un ouvrage dédié à son ancêtre, Abdulrahman Ibrahima Ibn Sori, le prince guerrier du Fouta Djallon Théocratique, arraché à sa terre natale et vendu comme esclave aux États-Unis en 1788.
Son parcours extraordinaire, de prince à esclave, puis à homme affranchi, pour enfin regagner le sol africain du Liberia, est une saga dont l’âme a été ravivée par sa descendante, la Princesse Karen Chatman.
Devant un public captivé, elle a présenté son œuvre, The Lost Crown of Prince Abdulrahman Ibrahima Ibn Sori and the Sovereign’s Redemption (La Couronne perdue du prince Abdulrahmane Ibrahima Ibn Sori et la rédemption du souverain), un livre disponible sur Amazon.com.
À travers ces pages, la Princesse Karen retrace la quête tumultueuse de son illustre ancêtre pour la liberté et la justice sociale. Par cet ouvrage et d’autres titres de sa riche collection, écrits et publiés en anglais, la Princesse Karen Chatman ambitionne de tisser des liens culturels profonds entre la Guinée et les États-Unis.
À l’issue de la séance de présentation de son livre, et durant les débats qui ont suivi, la Princesse Karen a souligné l’importance cruciale de l’héritage culturel et historique partagé, fondé sur la noblesse et le courage de son ancêtre, un homme qui a refusé de plier face à l’adversité. Elle a annoncé la création de la fondation «Root Nine».
Ce nom poignant, explique-t-elle, rend hommage aux neuf enfants du Prince qui n’ont pas pu recouvrer leur liberté lorsque leur père fut affranchi et autorisé à partir pour le Libéria.
La fondation Root Nine, assure-t-elle, s’engage à perpétuer cet esprit de solidarité en menant des actions humanitaires et en soutenant des ONG et associations caritatives. L’objectif est de fédérer les efforts communautaires pour porter assistance aux populations des nations dans le besoin.
La Princesse Karen W.S. Bren-gettsy-Chatman et sa fondation sont les nouveaux gardiens de ce message d’espoir et de solidarité. Elles s’engagent à préserver le patrimoine historique et culturel du chemin épique Fouta Djalon, Mississippi, Libéria qui a inspiré de nombreux intellectuels.
Les ouvrages qui retracent cette odyssée sont essentiels pour comprendre l’histoire et la nécessité impérieuse de la préserver. La Princesse Karen et tous les érudits épris de paix et de justice qui travaillent inlassablement à ses côtés ou en solitaire œuvrent à promouvoir l’esprit de liberté et de dignité.
C’est cet esprit indomptable qui a permis à nos ancêtres de ne jamais renoncer à l’espoir et de se tenir debout face à l’adversité et à des conditions de vie extrêmement hostiles.
Parmi les œuvres majeures qui témoignent de cet intérêt historique, on compte Un Prince parmi les Esclaves de Terry Alford (biographie détaillée d’Abdulrahman), The Prince of Islam de James L. A. Webb Jr. (étude historique sur Abdulrahman et son époque) et Abdul Rahman and Isabella: An Isla-mic Slave Narrative de Terry Alford (se concentrant sur la vie d’Abdulrahman et de son épouse, Isabella).
Ces écrits confirment l’importance et la richesse inestimable de l’héritage culturel et historique laissé par le Prince Abdulrahman Ibrahima Ibn Sori.
Par Alpha A. Diallo