Le commandant Aboubacar Sidiki Diakité, plus connu sous le nom de Toumba, repose désormais pour l’éternité à Bagafèa, ce village chargé d’histoire niché dans la sous-préfecture de Niantanina à Mandiana. Ce vendredi 3 avril 2026, l’ancien officier retrouve la terre de ses aïeux, encore appelée Kolonméléla, marquant le point final d’un destin singulier qui a durablement marqué la trajectoire politique de la Guinée.
L’ascension fulgurante de cet ancien médecin militaire débute en décembre 2008 lorsqu’il joue un rôle pivot dans l’arrivée au pouvoir du capitaine Moussa Dadis Camara, dont il devient l’aide de camp et l’homme de confiance. Son destin bascule tragiquement un an plus tard, le 3 décembre 2009, lorsqu’il tente d’assassiner le chef de la junte au camp Koundara après les événements sanglants du stade de Conakry. S’ouvre alors pour lui une cavale de sept années qui le mène jusqu’au Sénégal où il est finalement arrêté à Dakar en décembre 2016.
Extradé vers la Guinée en mars 2017, Toumba Diakité affronte son passé lors du procès historique du massacre du 28 septembre 2009, ouvert en septembre 2022. Durant de longs mois d’audience, sa parole libre et son sens de la repartie captivent l’opinion nationale et internationale car il apporte des éclairages inédits sur les rouages du pouvoir de l’époque.
Après 58 ans d’une existence tumultueuse, entre l’ombre des palais, l’exil et le box des accusés, l’ancien commandant, décédé le 25 mars 2026, rejoint ce coin discret de la préfecture de Mandiana, à seulement trois kilomètres de la frontière malienne, pour l’éternité.
Par Racine Dieng