Juste après le lancement d’un semestre de cours d’anglais, le Centre américain de Conakry accueille une rencontre importante. Les journalistes et responsables de médias reçoivent la Docteure Mashoud Kaba Bah, guinéo-américaine au parcours impressionnant.
Diplômée en santé publique aux États-Unis, elle revient en Guinée pour partager son expérience sur l’excision, une pratique profondément ancrée dans la culture mais qui soulève des questions éthiques et sanitaires essentielles.
Son immersion dans cette pratique controversée au sein de communautés guinéennes, en collaboration avec l’Université Gamal Abdel Nasser et des ONG comme Breakthrough Action Guinée et Notre Santé, l’aide à mieux comprendre les implications de la mutilation génitale féminine.
La santé et la vie des femmes doivent primer
Peut-on alors abandonner cette pratique séculaire ? Est-il acceptable de risquer la vie d’une femme pour préserver un statut social ? Avec une méthode de recherche qualitative enrichie d’anecdotes, la Dre Kaba Bah dresse un tableau saisissant des différentes formes d’excision pratiquées. Des ablations partielles aux sutures vaginales, chaque méthode évoque un héritage culturel complexe, mais aussi une souffrance infligée à des millions de filles.
La Dre Kaba Bah interroge également des exciseuses, révélant que ce métier ne constitue pas une source de revenu stable. Beaucoup d’entre elles reçoivent des compensations dérisoires, souvent sous forme de biens matériels comme du riz ou des pagnes. «La plupart ne sont pas rémunérées en argent», précise-t-elle. Malgré cela, certaines défendent l’excision comme une tradition sacrée, perçue comme un gage de pureté et de sécurité matrimoniale.
La rencontre se conclut par une séance de questions-réponses, où les participants échangent sur les défis à relever. Une photo de famille immortalise le passage de la Dre Kaba Bah au Jeudis de la presse.
Par Alpha Abdoulaye Diallo