L’évocation de John Quincy Adams, le sixième président des États-Unis, rappelle un chapitre émouvant de l’histoire. Celui de la libération d’Abdul-Rahman ibn Ibrahima Sori, prince de Timbo, capitale du Fouta-Djalon, dont la vie bascula en 1788 lorsqu’il fut capturé et vendu à des marchands d’esclaves.
A bord de l’Adventure, un navire négrier, il navigua jusqu’à Gulfport, dans le Mississippi, où il croisa le chemin du docteur John Cox, un chirurgien irlandais. En 1826, poussé par un ardent désir de liberté, Abdul-Rahman écrivit une lettre touchante qui arriva aux mains d’Andrew Marschalk, un journaliste.
Marschalk la transmit au sénateur Thomas Reed, qui la remit au consulat des États-Unis au Maroc. Écrite en arabe, la lettre suscita l’incompréhension et fit croire à Marschalk et au gouvernement américain qu’Abdul-Rahman était Maure.
Cet épisode, empreint de courage et de justice, demeure gravé dans les mémoires. Il illumine la présidence de John Quincy Adams d’un éclat d’humanité et d’espoir, bien qu’il lui ait coûté cher dans sa quête d’un second mandat.
Aujourd’hui, l’évocation du nom d’Adams (https://share.america.gov/fr/monuments-presidentiels-hommage-a-un-pere-et-a-son-fils) et de celui du sultan du Maroc rappelle l’ère de la liberté pour le prince peul de Timbo, qui retourna au Liberia où il mourut à 67 ans, quatre mois après son arrivée à Monrovia.
Ses descendants continuent de préserver son histoire et les liens entre les États-Unis, le Maroc, l’Irlande, le Liberia et la Guinée.
Par Alpha A. Diallo
(Avec sources)