Egypte / Conseil consultatif de Moharram & Partners : S.E Abou Bakr Hefny Mahmoud, de la diplomatie au secteur privé

Il a passé sa vie à tisser des liens entre les capitales africaines et Le Caire. Il les monétise désormais pour le compte d’un cabinet cairote de premier plan. Jos Blaise Mbanga Kack suit les traces de cet homme d’État devenu conseiller privé, saisissant l’instant précis où la carte diplomatique cède la place au carnet d’adresses du secteur privé. Lisez !

Il n’a pas eu le temps de remettre ses clés de bureau que son téléphone sonnait déjà depuis Le Caire, Addis-Abeba, Rabat et quelques autres capitales dont les noms suffisent à mesurer son carnet d’adresses. Jusqu’en janvier 2026, Abou Bakr Hefny Mahmoud était vice-ministre des Affaires étrangères, de l’Émigration et des Expatriés égyptiens. Et puis, un matin, il a traversé avec armes et bagages.

Sa destination ? Le Conseil consultatif de Moharram & Partners – M&P pour les initiés –. Ce cabinet cairote de public affairs et de communication stratégique est présent dans une vingtaine de pays sur l’arc Moyen-Orient-Afrique.

Fondé en 2015, il revendique 90 clients, 40 marchés et six hubs régionaux, du Caire à Pretoria. Une machine à influence qui, avec Hefny Mahmoud à son conseil consultatif, gagne un homme qui a, lui, pratiqué l’influence au sens noble du terme : en portant une carte diplomatique.

Ce polyglotte aux longs souvenirs africains – notamment en Côte d’Ivoire, où il a affiné un français qui n’a plus besoin de filet de sécurité – a été de ceux qui ont hissé la diplomatie égyptienne à son niveau d’influence continentale, dans la lignée de Boutros Boutros-Ghali.

Vice-ministre, ministre adjoint pour les Affaires africaines, ambassadeur en Éthiopie et représentant permanent auprès de l’Union africaine : le profil colle au projet de M&P comme une signature au bas d’un traité.

Joint par InfraNews, il glisse : «Pour moi, c’est un nouveau challenge. J’ai eu beaucoup de plaisir dans la diplomatie, et je considère que c’est le prolongement, dans un autre couloir, de l’activité que je compte mener.» Et d’ajouter, avec la même sérénité : « C’est avec le même dynamisme que je compte œuvrer pour faire rayonner l’organisation qui m’a fait confiance. »

Le phénomène n’est pas propre à l’Égypte : la conversion des diplomates de haut rang en conseillers stratégiques privés est devenue, sur le continent africain comme ailleurs, une pratique courante – et de plus en plus scrutée, tant la ligne entre l’influence publique et l’intérêt privé y est mince. Nouveau couloir, même dynamisme. L’Égypte, décidément, sait recycler ses meilleurs ambassadeurs.

Par Jos Blaise Mbanga Kack

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